L’alcool est une cause majeure d’accidents de la route, et particulièrement d’accidents mortels avec environ ¼ des personnes tuées à cause de conducteurs contrôlés avec des taux d’alcool supérieurs à la législation. Et parmi elles, un quart à un cinquième sont des jeunes entre 18 et 24 ans, alors qu’ils représentent à peine 10 % de la population et que tous ne sont pas titulaires du permis de conduire. Voilà qui explique en partie pourquoi la réglementation est plus stricte pour les jeunes conducteurs et qui doit inciter à multiplier les actions de prévention.

taux alcool jeune conducteur

Jeunes conducteurs : de qui parle-t-on ?

Sous la dénomination de « jeunes conducteurs », il est possible de regrouper deux types de profils différents, mais pas incompatibles et souvent concomitants :

  • Des individus jeunes par leur âge, c’est-à-dire la part de la population âgée de 18 à 24 ans, voire de 18 à 29 ans selon les études.

  • Des personnes titulaires d’un permis probatoire, c’est-à-dire d’un permis de conduire délivré depuis une durée de :

    • moins de 3 ans pour l’obtention du permis de conduire après une formation traditionnelle ;
    • moins de 2 ans pour les conducteurs ayant suivi la conduite accompagnée ou ayant passé la formation traditionnelle et un stage post permis ;
    • moins de 1 an et demi pour celles et ceux qui ont passé le permis dans le cadre de la conduite accompagnée ET qui ont suivi la formation post permis.

Dans cette deuxième catégorie, il est donc possible de trouver des conducteurs tout juste majeurs (possibilité de passer le permis dès l’âge de 17 ans désormais) comme des personnes de 30, 40, 50 ans ou plus. Toutefois, les jeunes représentent la grande majorité des conducteurs disposant d’un permis probatoire.

Journées sécurité routière au travail

Découvrez notre offre pour vous aider à organiser votre journée sécurité à l’occasion des journées de la sécurité routière au travail !

Quels sont les taux d’alcool réglementaire pour les jeunes conducteurs ?

En tant que jeune conducteur, la limite autorisée pour conduire est réduite : voici les différents seuils et les conséquences en cas de conduite en état d’ivresse avec un permis probatoire.

L’alcoolémie maximale pour pouvoir prendre le volant

Pour un jeune conducteur, entendez ici un conducteur ayant un permis probatoire, le taux d’alcool dans le sang ne doit pas être supérieur ou égal à 0,2 g par litre de sang (0,10 mg d’alcool par litre d’air expiré). C’est donc moins qu’une unité d’alcool standard, qui induit une alcoolémie autour de 0,25 g par litre de sang. Autrement dit, pour éviter tout risque, un jeune conducteur ne doit pas du tout consommer d’alcool avant de prendre la route : permis probatoire = 0 verre au volant.

Les sanctions en cas de dépassement du taux légal

Comme pour les conducteurs expérimentés, il y a deux niveaux de sanctions en cas de conduite sous l’emprise de l’alcool. Si le taux se trouve entre 0,2 et 0,8 g/l, on est face à une contravention : la sanction consiste en une amende, une immobilisation du véhicule et un retrait de 6 points sur le permis de conduire. Un jeune conducteur n’ayant pas encore récupéré de points durant sa période probatoire verra donc son permis invalidé, l’obligeant à attendre au moins 6 mois pour être autorisé à le repasser.

Dans certains cas, la sanction pour cette infraction peut même atteindre une suspension du permis de conduire ou l’obligation d’installer un EAD (Éthylotest Anti Démarrage) dans sa voiture, pour une durée de 3 ans maximum.

Une alcoolémie au-delà de 0,8 g/l constitue un délit et entraîne des conséquences bien plus sérieuses, incluant potentiellement de lourdes amendes, une peine de prison, l’immobilisation et la mise en fourrière, voire la confiscation de la voiture, l’annulation ou la suspension du permis, l’obligation d’assister à un stage de sensibilisation, etc. En d’accident de la route avec un tel taux d’alcool dans le sang, cela constitue une circonstance aggravante et peut donc conduire à des peines de prison et des amendes considérables.

À noter que les mêmes règles et sanctions s’appliquent lors d’un contrôle de dépistage auprès d’un jeune conducteur qui prépare le permis dans le cadre de la conduite accompagnée.

À ces sanctions appliquées par les tribunaux en cas d’alcoolémie au volant, peuvent s’ajouter des répercussions sur l’assurance auto d’un jeune conducteur, comme un malus ou même la résiliation pure et simple du contrat d’assurance.

Prévenir l’alcoolémie au volant chez les jeunes conducteurs : quelles solutions ?

Les conducteurs en permis probatoire étant principalement âgés de moins de 30 ans, et même de moins de 25 ans, la prévention doit passer par les lycées, les universités, les Centres de Formation, etc. En informant sur les dangers de l’alcool au volant et sur les sanctions encourues et en donnant des solutions concrètes (désigner un Sam, toujours disposer d’un éthylotest dans son véhicule, etc.), il est possible d’agir pour réduire les risques d’accident causés par l’alcool.

En entreprise également, des actions de prévention peuvent être menées, que ce soit pour les jeunes conducteurs ou les conducteurs plus expérimentés. En tant que spécialiste des addictions et de leurs risques auprès des entreprises, nous pouvons accompagner une organisation ou une équipe à travers une journée de sensibilisation à la sécurité routière composée de différents ateliers interactifs, en mettant en place le Mois sans alcool, en réalisation des séances de sensibilisation à distance, etc. Toutes ces initiatives ont pour objectif de prévenir non seulement les accidents de la route, mais aussi d’alerter sur tous les risques de la consommation d’alcool comme les problèmes de santé, la perte de contrôle et la prise de risque lorsqu’on se trouve en état d’ivresse, la dépendance, etc.

Partager cet article

portrait Alexis Peschard

A propos de l'auteur :

Alexis PESCHARD est addictologue et le président-fondateur du cabinet GAE Conseil, cabinet aujourd’hui incontournable de la prévention des conduites addictives dans le monde du travail en France. Il dirige le Pôle Conseil en addictologie du cabinet et développe des projets en prévention primaire pour le compte de clients grands comptes et branches professionnelles. Il a fait l’objet de plusieurs centaines d’interviews en presse écrite, radios et chaînes de télévisions nationales. Il intervient enfin régulièrement dans le cadre de congrès scientifiques, journées d’études et est publié chaque année dans différentes revues RH, juridique... Il est l’auteur du livre « Tous accros aux écrans » publié aux éditions Mardaga.

Découvrez des articles sur la même thématique