Que l’on soit un buveur occasionnel ou une personne dépendante à l’alcool, prendre la décision de se sevrer n’a que des bénéfices pour l’organisme et la santé mentale. Néanmoins, avant de se lancer, il faut être conscient des phases par lesquelles on va passer, de la durée des symptômes, des difficultés que l’on va rencontrer, etc. Sans cela, le risque est de vite replonger : le sevrage n’est en effet pas une période évidente et il faut être bien armé pour le réussir.
Nous vous donnons donc toutes les informations utiles sur les étapes du sevrage, combien de temps il prend en moyenne et comment optimiser les chances de sortir de la dépendance en minimisant l’intensité et la durée des symptômes de manque.

durée sevrage alcool

La durée typique d’un sevrage d’alcool

Il n’est pas possible d’affirmer avec certitude à une personne qui veut se sevrer qu’il lui faudra X jours, semaines ou mois pour sortir de l’alcoolisme. Cependant, il est possible de donner une estimation générale basée sur des recherches et des sources médicales (ex. : article sur L’évaluation et la prise en charge du sevrage alcoolique à l’urgence).

Ainsi, la période aiguë du sevrage d’alcool, où les effets les plus sévères sont souvent ressentis, peut durer de quelques jours à une semaine environ, et débute entre 6 et 12 heures après la dernière consommation.

Pendant cette phase, les symptômes tels que les tremblements, l’anxiété, les nausées, les sueurs, et parfois même des hallucinations peuvent se manifester chez certaines personnes. On parle ici de « syndrome du sevrage alcoolique ». On observe parfois même la survenue d’un délirium trémens, niveau sévère du syndrome, durant jusqu’à une quinzaine de jours, et pouvant même coûter la vie.

Ensuite, la phase post-aiguë du sevrage d’alcool peut durer de plusieurs semaines à plusieurs mois. Pendant cette période, certains symptômes peuvent persister, bien que généralement de manière moins intense. La récupération complète peut prendre encore plus de temps, avec des symptômes résiduels diminuant progressivement au fil des semaines et des mois (insomnie, anxiété, maux de tête, etc.).

Une étude récente a démontré qu’au bout de 7 mois environ, le cortex cérébral retrouve son épaisseur « normale » dans la plupart de ses zones. Sans compter toutes les autres capacités physiques et cognitives retrouvées après plusieurs mois d’abstinence et la diminution de risque de maladie du foie, de cancer, etc.

Toutefois, il faut garder à l’esprit que même lorsque le corps est physiologiquement sevré de l’alcool, le cerveau garde en mémoire la dépendance tout au long de la vie. Un patient qui souffre d’addiction à l’alcool devra alors faire preuve d’une abstinence totale pour ne pas risquer une rechute et pour obtenir de réels résultats sur le long terme.

Mois sans alcool

Découvrez notre offre pour organiser le Mois sans alcool au sein de votre entreprise

Les facteurs qui influencent la durée du sevrage alcoolique

Les estimations précédentes sont basées sur des données générales et la durée du sevrage peut varier considérablement d’une personne à l’autre. Certains individus peuvent connaître un sevrage plus court et moins intense, tandis que d’autres peuvent avoir besoin de plus de temps pour récupérer complètement. Plusieurs facteurs peuvent être identifiés pour expliquer l’intensité des symptômes et la durée du sevrage :

  • quantité et fréquence de consommation d’alcool : les personnes qui consomment de grandes quantités d’alcool régulièrement ont souvent des symptômes de sevrage plus graves et une période de récupération plus longue ;

  • durée de la dépendance : plus une personne est dépendante de l’alcool depuis longtemps, plus son corps peut avoir du mal à s’adapter à l’arrêt de la consommation, ce qui peut prolonger la durée du sevrage ;

  • santé globale de la personne : les patients qui ont des problèmes de santé préexistants, tels que des troubles mentaux, des troubles physiques ou des conditions médicales (ex. : état d’anxiété, dépression), peuvent subir plus intensément et plus longtemps les effets du sevrage ;

  • consommation d’autres substances: la prise de certains médicaments ou l’addiction à d’autres substances psychoactives peuvent rendre le sevrage plus compliqué ;

  • facteurs génétiques : la génétique peut jouer un rôle dans la façon dont l’organisme réagit au sevrage d’alcool, avec des symptômes de sevrage plus graves ou plus de difficulté à récupérer ;

  • support social : avoir un réseau de soutien solide peut aider à réduire la durée du sevrage en fournissant un soutien émotionnel et pratique pendant la période difficile.

  Atelier « Parcours alcool »

Découvrez cet atelier de sensibilisation dynamique et ludique pour aborder les principaux messages de prévention sur le risque de l’alcool auprès de vos salariés.

Nos conseils pour un sevrage réussi et pour la prévention face à l’alcool

En ayant connaissance de toutes ces données, les patients alcooliques peuvent mieux préparer leur sevrage. Néanmoins, il faut rappeler certaines précautions indispensables quand on envisage l’arrêt de l’alcool.

Tout d’abord, l’arrêt brutal et sans accompagnement représente un réel danger. Il augmente le risque de souffrir du syndrome de sevrage alcoolique avec des symptômes physiques désagréables et parfois graves et de delirium tremens. L’arrêt brutal de l’alcool peut aussi entraîner d’autres complications médicales, telles que des problèmes cardiaques, des problèmes hépatiques, des crises de convulsions, etc. Notons également que pendant le sevrage, les tremblements, la confusion mentale et d’autres symptômes peuvent augmenter le risque de blessures, en particulier si la personne est désorientée ou a des problèmes de coordination motrice. Dans certains cas, ces symptômes sont si inconfortables ou accablants que le patient peut être tenté de reprendre la consommation d’alcool pour les soulager, entraînant alors une rechute.

Pour toutes ces raisons, et parce que l’alcoolisme est une maladie, il est indispensable de passer par son médecin traitant pour être accompagné au cours des diverses étapes de sevrage. Au besoin, le médecin guide le patient vers un addictologue et des professionnels de la santé mentale pour un suivi complet. Cet accompagnement médical permet de bénéficier d’un traitement adapté (ex. : médicaments comme les benzodiazépines, thérapie cognitive et comportementale, groupe de soutien, etc.) qui réduit les effets secondaires du sevrage et permet d’obtenir des résultats plus rapidement et sur du long terme.

Sachez que dans le cadre professionnel, en tant que RH, manager, médecin du travail, chargé de HSE, etc., vous bénéficiez d’accompagnements et de formations pour prévenir l’addiction à l’alcool en entreprise et pour gérer les problèmes de dépendance existants parmi vos collaborateurs. GAE Conseil vous propose en effet des formations en addictologie (en présentiel ou en ligne), des interventions en entreprise dans le cadre du Mois sans alcool, des solutions de sensibilisation en ligne, etc.

Partager cet article

portrait Alexis Peschard

A propos de l'auteur :

Alexis PESCHARD est addictologue et le président-fondateur du cabinet GAE Conseil, cabinet aujourd’hui incontournable de la prévention des conduites addictives dans le monde du travail en France. Il dirige le Pôle Conseil en addictologie du cabinet et développe des projets en prévention primaire pour le compte de clients grands comptes et branches professionnelles. Il a fait l’objet de plusieurs centaines d’interviews en presse écrite, radios et chaînes de télévisions nationales. Il intervient enfin régulièrement dans le cadre de congrès scientifiques, journées d’études et est publié chaque année dans différentes revues RH, juridique... Il est l’auteur du livre « Tous accros aux écrans » publié aux éditions Mardaga.