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Tout savoir sur l’addiction aux écrans

Les écrans font partie de la vie de la majorité des Français : consulter son téléphone dès le réveil, regarder des épisodes de série durant des heures de suite, scroller des pages Internet avant de dormir, etc. sont des comportements que beaucoup d’entre nous ont déjà expérimentés.

Mais à quel moment peut-on parler d’addiction au numérique ? Quand faut-il s’inquiéter d’une utilisation importante, voire permanente, des écrans ? C’est ce que nous allons vous expliquer dans les lignes qui suivent, pour réussir à déceler un comportement problématique et à sortir du cercle infernal de la cyberdépendance et à se débarrasser de mauvaises habitudes face aux écrans.

Visuel addiction aux écrans

Qu’est-ce que l’addiction aux écrans ?

Rester des heures durant devant la télévision, consulter son smartphone en permanence, passer des nuits entières à jouer aux jeux vidéo : voilà quelques exemples que l’on pourrait qualifier de comportements addictifs face aux écrans. Mais dans un monde hyper connecté, comment savoir à partir de quelle durée devant un écran on peut parler d’excès ? L’addiction aux écrans est en effet assez mal définie, ou du moins pas de façon très précise. On peut toutefois dire qu’il s’agit d’une situation dans laquelle l’individu concerné ne gère plus le temps passé devant l’écran, au point que l’usage devienne incontrôlable et prenne le pas sur « la vie réelle » et qu’une impossibilité d’avoir accès à l’écran crée une frustration.

De quels types d’écrans et d’attitudes comportementales parle-t-on ?

Parmi les différentes addictions, la dépendance aux écrans fait partie de celles qui couvrent le plus large spectre. Les écrans peuvent être ceux des smartphones, des télévisions, des tablettes, des ordinateurs, etc.

On y intègre par exemple l’addiction aux réseaux sociaux, aux jeux vidéo, aux plateformes de vidéos en ligne, aux messageries, etc. Plus que l’écran lui-même, c’est donc aussi l’activité qui se cache derrière qui est à la source de l’addiction, en captant l’attention de façon démesurée, en créant un circuit de récompense, etc. L’écran, quelle que soit la forme qu’il prend, est effectivement un objet qui crée une expérience sensorielle et qui stimule le cerveau, avec des incitations permanentes à rester devant l’écran, à parcourir de nouvelles pages, à continuer à jouer, etc.

 

Il est aussi important de noter que les écrans représentent une interface vers d’autres addictions :

 

  • L’écran est un moyen de connexion sociale très important, que ce soit dans les relations professionnelles ou personnelles. L’addiction ne naît donc pas toujours d’un comportement propre à l’écran, mais aussi aux liens sociaux qu’il permet d’entretenir de façon virtuelle, au risque parfois de remplacer les relations sociales de la « vraie vie ».
  • Les écrans peuvent mener à une addiction à caractère financier, via les jeux d’argent en ligne, la spéculation sur les cryptomonnaies, etc.
  • Les sites Internet et applications sont également source de dépendance à la cyber-sexualité, etc.

Qui peut être concerné par l’addiction aux écrans ?

Quand on parle d’écrans, on pense de suite aux jeunes. Et certaines études prouvent en effet que les ados et les jeunes adultes peuvent difficilement se passer de leur smartphone. Par exemple, ¾ des adolescents consultent leur téléphone toutes les 10 minutes. Un autre chiffre parlant indique qu’en France, pour 1 adolescent sur 8, la pratique des jeux vidéo peut être considérée comme problématique.

Mais le risque touche aussi les parents (et les adultes sans enfant d’ailleurs), puisque l’addiction aux écrans toucherait jusqu’à 2 % de la population générale (5 % chez les plus jeunes) et que des comportements à la limite de l’addiction concernent une bien plus large part des Français.

Sans oublier les enfants, qui sont aujourd’hui confrontés dès leur plus jeune âge aux smartphones, tablettes et écrans de télé, multipliant grandement les risques de dépendance. Des études ont par exemple mis en avant le fait que 64 % des 11-18 ans disposent constamment d’un appareil numérique en leur possession ou encore que plus de la moitié des 7-18 ans se connecte chaque jour à la plateforme YouTube.

Quels sont les symptômes et les conséquences de la dépendance aux écrans ?

Pour déterminer si une personne de votre famille ou de votre groupe d’amis est accroc aux écrans (ou si c’est votre propre cas), plusieurs signaux peuvent interpeller :

 

  • une perte de contrôle, lorsque se servir d’un appareil numérique n’est plus synonyme de plaisir, mais fait partie des habitudes dont on ne peut se passer ;
  • la sensation de vide, de tristesse et de frustration, voire un comportement agressif, lorsqu’il n’est pas possible d’accéder à un écran ;
  • le manque d’intérêt pour d’autres activités que celles passées sur écran ;
  • le repli sur soi, l’absence d’intérêt pour son entourage et pour les relations sociales en général.

 

Et comme toutes les addictions, celle-ci peut avoir de sérieuses conséquences sur la vie quotidienne et être à l’origine du développement de plusieurs troubles. Les personnes addictes aux écrans peuvent subir des troubles du sommeil, de l’alimentation (malbouffe, « oubli » de manger, etc.), des problèmes de santé mentale (anxiété par exemple), de santé physique (ex. : problèmes oculaires, maux de tête, prise de poids excessive), etc.
L’isolement est une autre conséquence non négligeable, qui crée souvent un cercle vicieux dans l’addiction, et qui peut mener à l’échec scolaire ou professionnel, à la rupture des liens amicaux, etc.

 

Et toutes ces conséquences présentent d’autant plus de risques chez les enfants et les adolescents, en remettant en cause leur bon développement (difficultés d’apprentissage, d’attention, de concentration, etc.) et en biaisant leur rapport aux relations sociales.

Comment sortir de l’addiction aux écrans ?

Avant toute chose, il faut prévenir le risque d’addiction, en mettant en place des règles pour les enfants. En limitant l’exposition aux interfaces numériques, on peut en effet aider les jeunes à se consacrer à d’autres activités et à ne pas considérer l’écran comme la seule source de distraction possible. L’idée n’est pas d’interdire entièrement l’accès à la télé ou à la tablette, mais de fixer des limites horaires par semaine, des heures de fin d’exposition et de ne pas considérer l’écran comme un moyen de calmer l’enfant ou de l’occuper.

Chez l’adulte, mettre fin à la cyberdépendance ou agir en prévention peut passer par plusieurs petits gestes simples : mettre en pause les notifications, supprimer les applications chronophages et inutiles, définir les situations « à risque » pour mieux les appréhender, trouver de nouvelles activités sans écran, etc.

Mais si l’auto-régulation ne semble pas suffire, il est alors judicieux d’aller consulter un addictologue spécialisé ou de faire appel à des groupes de paroles. Une thérapie comportementale pourra alors être mise en place et aider l’individu à comprendre l’origine de son addiction, à faire un travail sur lui-même et à se défaire peu à peu de son usage excessif et dangereux du numérique, en reprenant le contrôle.

Et dans l’entreprise ; quid de l’hyperconnexion ?

Les outils numériques font partie intégrante du travail aujourd’hui. L’hyperconnexion n’est d’ailleurs pas nécessairement considérée comme une addiction à part entière mais davantage comme une qualité professionnelle : être hyperconnecté c’est être performant d’une certaine manière… La crise sanitaire a malheureusement accéléré le développement de l’usage des écrans tout autant dans un cadre personnel / récréatif que dans un cadre professionnel avec le développement massif du télétravail. Différentes études ont pu mettre en exergue l’impact du télétravail sur les pratiques addictives des Français. Un guide pratique rédigé conjointement par les équipes de GAE Conseil et JEB Avocats a pu être édité en 2020 pour guider les employeurs dans la prévention et prise en compte de ces risques spécifiques.  Dans ce contexte particulier et face à ces risques émergents les employeurs, DRH doivent accompagner l’ensemble de la ligne managériale aux bonnes pratiques de prévention des addictions en distanciel.