Prévenir les addictions dans votre organisation.

Souvent au cœur des débats au sujet de sa légalisation, le cannabis n’en reste pas moins une drogue, qui peut avoir des effets dévastateurs à court, moyen et long terme. En effet, même si le cannabis fait partie des substances naturelles et qu’il est qualifié de « drogue douce », il n’est pas sans danger.

Et pourtant, des données récentes montrent que 2 à 3 % de la population en France en consomme quotidiennement (l’un des chiffres les plus importants en Europe). Pour prévenir les risques d’addiction et aider les personnes dépendantes à s’en sortir, voici donc tout ce qu’il faut savoir au sujet du cannabis, des risques qu’il entraîne et des moyens de se sevrer.

Qu’est-ce que le cannabis ?

Le cannabis contient de nombreuses molécules, appelées cannabinoïdes, qui sont responsables des effets de sa consommation sur le corps. Parmi les principes actifs les plus connus et les plus présents, on trouve le THC (tétrahydrocannabinol) et le CBD (cannabidiol). En fonction du produit, la concentration de l’un et l’autre de ces éléments peut grandement varier. Dans le langage courant le cannabis est souvent considéré comme une drogue douce ; est-ce pour autant un concept valide scientifiquement ?

Quels sont les effets du cannabis ?

Lorsque l’on fume du cannabis, des effets directs peuvent se faire ressentir, tels qu’un sentiment d’euphorie, de bien-être et de relaxation et une altération des perceptions sensorielles. A priori, nous n’avons donc pas affaire à quelque chose de dangereux.

Pourtant, d’autres sensations désagréables peuvent également rapidement survenir, comme une sensation de confusion, une somnolence, une altération de la mémoire, un ralentissement des mouvements, etc. Autant dire que cela représente un risque pour le consommateur, mais aussi pour les autres, en termes de santé-sécurité au travail ou s’il décide de prendre le volant.
Dans les cas extrêmes, la prise de cannabis peut engendrer un « bad trip », pouvant mener à une incapacité totale à se mouvoir, une peur panique, une bouffée délirante aiguë voire à un coma.

À savoir : les effets du cannabis sont multipliés et d’autant plus dangereux lorsque l’on consomme de l’alcool ou d’autres drogues dans le même temps.

Quelles sont les conséquences de la consomamtion de cannabis sur la santé ?

Comme tous les produits à effets psychotropes, le cannabis entraîne des risques pour les organes du corps humain et pour le cerveau, chez les jeunes comme chez les moins jeunes. Les symptômes peuvent apparaître dès la première prise, et s’intensifient et se multiplient à mesure que la consommation s’installe comme une habitude. S’intéresser aux liens qui existent entre consommation de cannabis et la santé c’est aussi s’interroger sur les conséquences de l’usage du cannabis sur la santé-sécurité au travail. Face à ces différents enjeux il est nécessaire, notamment en milieu professionnel, de sensibiliser ses collaborateurs aux répercussions de la consommation de cannabis à l’occasion d’une journée de prévention ou d’un safety day.

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Les risques sur la santé physique ?

Même avec une consommation occasionnelle, le cannabis peut entraîner des dommages au niveau des poumons et du cœur. En effet, puisqu’il se fume, il présente des dangers similaires au tabac, tels qu’une accélération du rythme cardiaque, une détérioration des vaisseaux sanguins ou encore un encombrement des voies aériennes.

Sur le plus long terme, la consommation d’herbe ou de résine de cannabis peut mener à des bronchites et des épisodes de toux chroniques, à des infections pulmonaires, etc.

La mise en danger de la santé mentale

Au-delà des conséquences sur les organes, le cannabis agit sans conteste sur le cerveau, avec des troubles parfois très sérieux. On sait par exemple que cette substance peut être responsable de psychoses, d’épisodes paranoïaques, de dépression, d’hallucinations, etc. Par ailleurs, le cannabis peut aggraver des troubles psychiatriques existants, dans le cas par exemple de troubles de l’humeur ou de la schizophrénie.

Chez les consommateurs adolescents, l’inhalation régulière de cannabis remet également en cause le bon développement du cerveau (et peut être déclencheur de maladies psychiatriques). On note alors des symptômes tels que la perte de mémoire, les difficultés de concentration, l’incapacité à prendre des décisions, etc. Tout cela est non seulement désagréable et handicapant au quotidien, mais peut aussi entraîner un décrochage scolaire et/ou un isolement social.

La dépendance au cannabis et ses conséquences

Comme n’importe quelle drogue, le cannabis possède un réel potentiel addictif. Et cela est d’autant plus vrai que le cannabis est le plus souvent fumé en combinaison avec le tabac, dont la nicotine rend également addict.

Afin de retrouver les sensations des premières fois, les consommateurs doivent fumer des quantités de plus en plus élevées, jusqu’à en devenir dépendants, à la fois physiquement et psychiquement. Les individus accros ressentent alors le besoin régulier, voire constant, de consommer pour être sous l’effet du cannabis. Sans leur produit, ils sont dans l’incapacité de fonctionner correctement et développent de l’irritabilité, voire de la violence et une perte de contrôle.
Lorsque l’addiction est installée, le consommateur n’est pas en mesure d’arrêter sereinement sa consommation de cannabis, et la substance prend le pas sur les autres pans de sa vie. Cela peut entraîner des difficultés relationnelles (famille, couple, amis, etc.), des problèmes au travail, une interruption des activités sportives et/ou artistiques, et conduire la personne dépendante dans un cercle vicieux.

Comment sortir de la dépendance au cannabis ?

Au bout de quelques heures, l’alcool est assimilé par le foie et fini par être éliminé du corps. Mais si la consommation est fréquente, même sans parler d’alcoolodépendance, des dommages peuvent se faire sentir à plus long terme durant les semaines et mois qui suivent.

Les conséquences à court terme peuvent alors s’installer de façon plus durable : altération de la mémoire, troubles de l’humeur, problèmes d’insomnie, troubles cardiaques, détérioration du foie, etc.

Les personnes dépendantes qui ont déjà tenté d’arrêter le cannabis vous le diront : les tentatives d’arrêt seules, sans accompagnement ni substitut, se soldent parfois (mais pas tout le temps heureusement) par des échecs. En effet, le sevrage s’accompagne de moments difficiles qui incitent à fumer de nouveau : irritabilité, troubles du sommeil, humeur changeante, anxiété, transpiration excessive, etc.

Pour sortir sereinement et durablement de l’addiction, la première étape est de faire le point sur sa consommation. S’il s’agit d’une consommation occasionnelle, il est envisageable d’arrêter seul, et il suffit parfois d’une seule tentative. Dans le cas d’un usage régulier, il est plus judicieux de faire appel à un professionnel de l’addictologie pour un premier bilan. Il pourra ensuite accompagner le patient et/ou le rediriger vers un centre spécialisé, un psychologue, un hôpital, etc. La prise en charge passe le plus souvent par un suivi psychologique, mais peut dans certains cas s’accompagner de traitements médicamenteux (traitement de substitution ou médicaments pour apaiser les symptômes). Il faut aussi savoir qu’il existe des associations spécialisées dans les addictions, qui offrent écoute et conseils pour s’en sortir.
Pour le sevrage chez les adolescents, il est par ailleurs important d’impliquer les parents et de créer un environnement rassurant et motivant.