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L’addiction aux jeux

Les addictions, qui sont des maladies, ne sont pas toujours en lien avec une substance (alcool, drogues, tabac, etc.). Il peut aussi s’agir d’une dépendance à un plaisir, à un comportement, comme c’est le cas avec le jeu.

Visuel jeux

Les jeunes comme les adultes peuvent sombrer dans cette addiction, quel que soit leur niveau social. D’où l’importance de la prévention et d’explications claires sur les tenants et les aboutissants du jeu excessif, ainsi que sur les symptômes qui doivent alerter. Il devient alors possible de mettre fin à la dépendance et d’enrayer sa spirale, avant d’en arriver à de sérieuses conséquences sur la santé et sur le plan social, familial et financier.

Qu’est-ce que l’addiction aux jeux ?

L’addiction au jeu peut être définie comme un comportement pathologique, au sein duquel la personne dépendante ne peut plus s’empêcher de jouer encore et encore. Le jeu perd alors sa définition première (une activité sans but utilitaire, pratiquée dans le seul but de se divertir et d’y prendre plaisir) et devient un impératif auquel l’addict n’arrive plus à se soustraire. Le jeu passe du statut d’une activité plaisir à une acitivité besoin.

Il s’agit d’une addiction comportementale : nous n’avons pas ici affaire à des substances ayant un effet direct sur le cerveau, mais à un comportement qui permettait auparavant d’obtenir du plaisir et qui a besoin d’être répété, en dépit des conséquences négatives que cela peut impliquer au niveau de santé, de la vie professionnelle, sociale, de la situation financière, etc.

Quels sont les jeux qui rendent addict ?

On distingue différents types de jeux qui peuvent mener à la dépendance :

  • Les jeux de hasard et d’argent à faire chez soi, comme les tickets à gratter, les loteries, etc. ;
  • Les jeux d’argent dans des lieux qui y sont dédiés, tels que les casinos, mais aussi les hippodromes par exemple ;
  • Les jeux vidéo en ligne ou en réseau local, sur PC, sur console ou Smartphone, que l’on considère souvent comme des sources d’addiction pour les enfants et les adolescents, mais qui peut se manifester à tout âge.

Le principe reste souvent le même : le fait de gagner libère une quantité importante d’hormones du plaisir (dopamine notamment), qui va installer peu à peu une dépendance. En effet, le joueur, consciemment ou non, va chercher à retrouver ce plaisir passé, et donc va jouer à nouveau.

Et qu’advient-il lorsque l’on perd ? On pourrait penser que cela met fin au cercle infernal, mais en réalité, le joueur a toujours la volonté et l’espoir de « se refaire », dans une quête infinie vers le plaisir, le fait de se convaincre qu’il peut gagner et parfois dans l’idée de regagner l’argent qu’il a perdu.

Comment savoir si on est accroc aux jeux ?

La dépendance au jeu se manifeste par un besoin irrépressible de jouer : le jeu peut alors passer avant tout le reste, peu importe les conséquences que cela aura.

Plusieurs signes typiques permettent de reconnaître une addiction aux jeux :

  • L’irritabilité et l’agressivité lorsqu’il n’est pas possible de jouer (symptôme semblable à celui que l’on retrouve pour les personnes dépendantes à l’alcool ou à une drogue par exemple) ;
  • L’isolement social, par rapport à son cercle d’amis, à ses collègues, à sa famille, etc. ;
  • Des troubles divers, comme un sommeil agité, une humeur variable, une perte de concentration, un trouble de l’attention ;
  • La perte de contrôle lors des moments de jeu (miser toujours plus, jouer pendant des heures non-stop, etc.) ;
  • La perte du plaisir lors de la pratique du jeu, qui se transforme en besoin ;
  • L’impossibilité de s’arrêter de jouer, même après des tentatives d’arrêt ;
  • L’abandon des autres activités de la vie quotidienne, des loisirs, etc.

On peut aussi se rendre compte qu’un proche est dans une situation de dépendance face au jeu lorsque sa situation financière se dégrade.

Quels sont les risques de l’addiction aux jeux ?

Comme toute addiction, celle aux jeux présente un risque pour la santé, mais en particulier pour la santé mentale. Dans le cercle vicieux du jeu, l’anxiété, les troubles du sommeil et la dépression sont des conséquences fréquentes. Il se peut aussi que la dépendance entraîne une perte ou une prise de poids, une descente en flèche de l’estime de soi, etc. Dans les cas les plus graves, les pensées suicidaires sont même très présentes.

Le fait de tomber dans l’addiction au jeu est aussi reconnu comme un facteur d’autres dépendances, par exemple à l’alcool ou au tabac. Dans ce cadre, de telles substances sont considérées par les joueurs comme des moyens de décompresser, de faire tomber le stress lié à l’adrénaline du jeu et de détourner les problèmes afférents à l’addiction première.

Des risques existent aussi sur le plan social et professionnel. Les individus dépendants aux jeux ont tendance à s’isoler et à couper les liens, même avec les personnes de leur plus proche entourage. Le jeu prend en effet une place prépondérante, se substitue à toutes les autres activités, et crée peu à peu un enfermement. Dans certains cas, cela conduit même à des séparations amoureuses et à des conflits d’ordre familial.

Mais ce n’est pas tout : les jeux, en particulier les jeux d’argent, sont source de problèmes financiers, qui peuvent devenir très sérieux. Les joueurs, ayant toujours besoin d’argent pour assouvir leur besoin de jouer, peuvent se mettre à découvert, voire pire, finir par être interdit à la banque de France, à cause de prêts qu’ils ne peuvent pas honorer. Les emprunts auprès de proches sont aussi monnaie courante, et créent bien souvent des tensions et un cercle vicieux, où l’on emprunte pour rembourser sa dette. Parfois, une personne dépendante en vient même à se procurer de l’argent de manière illégale et à encourir des sanctions judiciaires.

Enfin, on constate que les joueurs excessifs et dépendants peuvent développer des stratégies de manipulation et s’enfermer dans le mensonge.

Comment s’en sortir ?

Seuls, les proches peuvent difficilement régler le problème et mettre fin à cette dépendance, car les mécanismes en place sont complexes. Mais ils peuvent agir à leur niveau, en soutenant le joueur dans sa démarche pour mettre fin à la dépendance.

Toutefois, l’idéal reste de mettre en place une thérapie. Pour être soignée, l’addiction aux jeux nécessite donc la prise en charge par un professionnel en addictologie et/ou un psychologue. Par le biais d’un suivi psychologique, de l’étude des facteurs de dépendance, de groupes de paroles, voire d’un traitement médicamenteux, le joueur addict a les moyens de reprendre le contrôle de sa vie.

Il existe également des associations spécialisées dans la dépendance au jeu, qui peuvent accompagner et orienter les personnes dépendantes, ainsi que leur entourage (parents, enfants, amis proches, etc.). Sur Internet, on trouve assez aisément le moyen d’entrer en contact avec les membres de ces associations.

Et dans l’entreprise ?

Comme pour toutes les formes de pratiques addictives l’entreprise a un rôle à jouer ; elle est un lieu de prévention primaire privilégié pour relayer des messages de prévention essentiels tant en santé publique qu’en santé-sécurité au travail. Les équipes de GAE Conseil font de la prévention de l’addiction au jeu notamment dans le cadre des ateliers Addicto’Quizz  et de l’escape game Le pot de départ. Nous animons également des témoignages/débats avec des patients-experts (anciens malades rétablis) afin de sensibiliser les salariés aux principaux enjeux de ces pratiques à risques autour des jeux !