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Quelle est la différence entre l’addiction et la dépendance ?

Le champ sémantique de l’addiction est vaste. Il englobe plusieurs termes dont le sens n’est pas toujours clairement défini et parfois confondu. C’est notamment le cas pour l’addiction et la dépendance. Ces deux notions synonymes dans le langage courant, décrivent deux phénomènes sur lesquels nous vous proposons un éclairage.

Visuel addiction dépendance

Qu’est-ce qu’une addiction ?



L’addiction est une affection cérébrale chronique et récidivante, caractérisée par la consommation répétée d’un produit ou la pratique excessive d’une activité en dépit des conséquences négatives. Ce comportement qui vise initialement à procurer du plaisir ou à apaiser une souffrance physique et/ou psychique conduit à une perte du contrôle de la consommation d’un produit psychoactif ou pratique d’une activité. Il en résulte des conséquences néfastes sur la santé et l’équilibre émotionnel, avec des répercussions sur les plans personnel, social et professionnel.

 

Les addictions sont diverses, on les divise en deux catégories :

 

• Les addictions aux substances psychoactives concernent l’ensemble des produits ayant une action directe sur le système nerveux central. Il s’agit du tabac, de l’alcool, des médicaments, mais aussi des produits détournés de leur usage (les solvants, les colles, les poppers, … ), ainsi que les stupéfiants (le cannabis, l’héroïne, la cocaïne,… ).

• Les addictions comportementales regroupent toute activité dont le niveau de pratique est excessivement élevé (les jeux, le sport, le sexe, le shopping, les réseaux sociaux, …) et perturbe le fonctionnement « normal » de l’individu.

 

La France compte parmi les pays Européens les plus concernés par les addictions. On estime que :

 

• 1/4 de la population adulte fume quotidiennement du tabac.

• 10% des adultes consomment quotidiennement de l’alcool (15% hommes, 5% femmes).

• 24% des 18-75 ans ont des consommations d’alcool supérieures aux recommandations.

• La France est le premier pays européens consommateur de cannabis.

• 41.000 décès par an attribuables à l’alcool, 75000 au tabac.

• 21% de la population (15 ans et plus) a eu une prescription de psychotropes.



graphique consommation de médicaments


Qu’est-ce que la dépendance ?



La dépendance est un syndrome qui se caractérise par un ensemble de phénomènes physiologiques, cognitifs et comportementaux à l’arrêt brusque de la consommation. L’individu ne consomme par pour le plaisir mais pour ne pas subir les effets désagréables du manque et retrouver un état « normal ».


Les substances psychoactives (SPA) agissent directement sur le cerveau, plus spécifiquement sur le système de récompense et en modifie son fonctionnement. L’activation du circuit de la récompense entraîne une libération de dopamine, dont l’effet procure la sensation de plaisir. L’action de la substance psychoactive sur le système dopaminergique est ainsi mémorisée, ce qui conduit à la répétition de la consommation ou du comportement. Les SPA induisent des modifications durables au niveau du circuit de la récompense et des modifications adaptatives de la physiologie générale, ce qui engendre les symptômes de manque.


Certaines substances entraînent une addiction et une dépendance, alors que d’autres ne provoquent que l’addiction. A noter que nous ne parlons ici que de la dépendance « physique ». La dépendance concerne tout le monde, la morphine par exemple prescrite comme un antidouleur rend dépendant mais pas nécessairement addict. En effet, le produit a lui seul ne crée pas l’addiction. L’addiction est une maladie multifactorielle, son développement est influencé par trois composantes : un individu, une substance (ou un comportement) et un environnement, pour lesquels des facteurs de risques ont été identifiés.


● Le facteur individuel


L’existence d’une vulnérabilité génétique prédisposant à l’installation d’une addiction est établie. L’exposition à des situations stressantes (in utero, durant l’enfance et l’adolescence) engendre également des modifications neurobiologiques qui agissent sur le seuil de stimulation et l’hyposensibilité des circuits dopaminergiques.


Les traits de personnalité comme la recherche de sensations fortes, l’impulsivité, une humeur négative, une mauvaise représentation de soi. Les troubles du comportement les conduites antisociales, l’intolérance à la frustration, l’instabilité émotionnelle. Mais aussi l’état de santé, la présence de comorbidités psychiatriques, la consommation à visée autothérapeutique, ainsi que la précocité de la consommation (âge) sont autant de facteurs qui influencent la consommation.


● Les substances


Les modalités de consommation (la quantité absorbée, la fréquence et la durée d’utilisation, le mode de consommation), la polyconsommation (association de plusieurs substances addictogènes) et le pouvoir addictogène de la substance consommée jouent un rôle sur l’installation ou l’aggravation de l’addiction.



Pondération nocivité drogues


● Les facteurs environnementaux : sociaux, culturels et familiaux


Les représentations sociales des substances (convivialité et attribut culturel de l’alcool, la faible nocivité du cannabis), les pratiques sociales et culturelles (coca, pavot, khat), les interdits culturels et religieux facilitent ou dissuadent la consommation. La sphère familiale (la tolérance au produit, les conflits), les évènements de vie (divorce, décès, chômage, isolement, difficultés économiques), ainsi que l’environnement professionnel et scolaire (stress au travail, problèmes de santé, les pairs) contribuent au développement des conduites addictives.



Comment évaluer son niveau de consommation ?



Ce n’est pas le produit en soi qui pose un problème mais son usage. Pour pouvoir évaluer la dangerosité d’une consommation, des niveaux d’usage ont été définis pour mieux caractériser le type de consommation. On parle d’usage simple pour définir une conduite de consommation modérée, occasionnelle et récréative, caractérisée par l’absence de risques, de dommages à la santé physique ou mentale (du consommateur ou à autrui) et de dépendance. Toute autre conduite est qualifiée de mésusage, il comprend :


• L’usage à risque pour des conduites de consommation présentant des risques, mais sans dommages ni dépendance (l’abus ponctuel),


• L’usage nocif ou abus répété, en présence de dommages mais sans dépendance ;


• Et la dépendance qui se manifeste par la perte de la maîtrise de la consommation avec ou sans dommages.



Pyramide skinner psychiatrie des cadres


La dépendance est liée à l’effet de la tolérance. Pour se protéger de la nocivité du produit, l’organisme développe une résistance, afin de ressentir les mêmes effets, la quantité de produit consommé doit régulièrement être augmentée. Des symptômes de manque, que l’on appelle syndrome de sevrage, apparaissent dès la réduction ou la privation de la substance.


● Quels sont les symptômes du sevrage ?


Sur le plan psychique, on observe systématiquement une hausse de l’anxiété, des angoisses peuvent apparaître ainsi que des troubles du sommeil (insomnie), un risque de crises épileptiques, des phobies soudaines, des réactions psychotiques (délires) et troubles de la perception (hallucinations).

 

Du point de vue physique, des douleurs musculaires violentes (membres, dos, abdomen), des crises convulsives, des tremblements, des frissons, des syncopes, une transpiration abondante, des troubles cardio-vasculaires (tachycardie, hypertension) et des troubles intestinaux (diarrhées, costipation, vomissement) et des difficultés respiratoires (hyperventilation).

Ces symptômes varient en fonction de la substance consommée et du degré de dépendance. Le sevrage doit être fait sous surveillance médicale, des complications graves et dangereuses pouvant survenir comme le « Delirium Temens » dans le cas d’un sevrage alcoolique ou une détresse respiratoire lors d’une crise épileptique.



Comment sortir de l’addiction ?



La prévention par la sensibilisation est l’approche la plus pertinente pour amener le consommateur abstinent ou occasionnel à ne pas développer de pratiques addictives. Informer sur les risques encourus pour la santé et le retentissement sur la vie personnelle, professionnelle et sociale.


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Lorsque les pratiques addictives sont installées, la première étape consiste à faire le lien entre la souffrance physique et/ou psychique et la consommation. Cette prise de conscience peut être individuelle ou aidée par un tiers. Le professionnel de santé peut amener le patient à se questionner sur sa consommation lorsque des maladies telles que l’hypertension, la fatigue chronique, les troubles du sommeil apparaissent. Les conséquences sociales telles que les remarques répétées de l’entourage, les difficultés professionnelles, les tensions familiales et l’isolement social, peuvent aussi être une voie d’entrée. Les équipes de santé au travail ont un rôle essentiel dans le cadre du repérage précoce ; la Haute Autorité de Santé (HAS) met à disposition un outil d’aide pour le Repérage Précoce et l’Intervention Brève (RPIB) pour les trois substances les plus consommées : tabac, alcool, cannabis.

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Le premier interlocuteur est le médecin généraliste qui orientera vers des consultations spécialisées pour une évaluation de la situation, un bilan de consommation et une prise en charge médico-psychologique. Ces consultations sont dispensées en milieu hospitalier dans les services d’addictologie, en centres de soins CSAPA et CJC, et en ville par des praticiens libéraux. Les numéros d’aide à distance en addictologie sont également une aide précieuse.


Ce qu’il faut retenir



➣ L’addiction est une incapacité à contrôler sa consommation en ayant conscience des effets néfastes (trouble du comportement).


➣ La dépendance est un phénomène physiologique qui conduit à consommer à nouveau pour ne pas subir les effets désagréables du manque (trouble physiologique).


➣ La dépendance et l’addiction peuvent coexister.


➣ L’addiction n’induit pas nécessairement la dépendance.


➣ Le traitement de la dépendance nécessite un accompagnement médical (sevrage), l’addiction une prise en charge psychologique.


La prévention primaire est l’action la plus efficace pour lutter contre le développement des conduites pratiques addictives.



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