D’après l’étude Odoxa pour GAE Conseil sur la santé mentale et les addictions publiée en 2025, 45 % des Français déclarent avoir connu un trouble de santé mentale au cours des cinq dernières années, dont 37 % l’attribuent principalement à leurs conditions de travail.
Dans le même temps, on constate une hausse des conduites addictives dans la population. Et ces deux phénomènes sont étroitement liés : les individus qui souffrent d’un trouble en santé mentale ont de 1,2 à 9,5 fois plus de pratiques addictives.
Il devient donc essentiel d’agir, et les entreprises occupent une place clé dans la prévention. Voyons comment s’articulent santé mentale et addictions, pourquoi les employeurs doivent s’en saisir et quelles actions concrètes peuvent être menées.
La dégradation de la santé mentale au travail comme facteur d’addiction
Les origines de l’addiction sont multiples : facteurs individuels, troubles psychiques, potentiel addictif des produits psychoactifs ou encore facteurs environnementaux, parmi lesquels la qualité de vie au travail joue un rôle déterminant.
L’impact du stress professionnel sur les comportements addictifs
Le stress chronique lié à la surcharge de travail, la pression, des objectifs inatteignables altère progressivement la santé mentale.
Face à cette tension constante, certaines personnes cherchent à apaiser leur mal-être. Elles se tournent alors vers des solutions de soulagement immédiat : consommation d’alcool, de tabac, de médicaments (psychotropes, analgésiques ou anxiolytiques sans ordonnance), autant de pratiques pouvant entraîner une dépendance.
Les addictions comme moyen d’évasion et d’évitement
Certaines pratiques permettent aussi aux salariés « d’oublier » ou de fuir une réalité difficile. C’’est le cas pour certains du workaholisme, ou addiction au travail, dans lequel les salariés cherchent à soulager leur mal-être en faisant passer leur travail avant tout.
L’addiction peut aussi se traduire par une consommation excessive d’alcool ou de stupéfiants en dehors du cadre professionnel, par des heures passées sur les jeux vidéo ou les réseaux sociaux, de sorte à trouver une échappatoire à l’anxiété générée par l’environnement de travail.
L’isolement au travail, cause d’aggravation des addictions
Dans un climat professionnel marqué par la peur du jugement, le manque de soutien ou la stigmatisation, les salariés peuvent s’isoler. Cet isolement accentue le risque de dépendance car il crée un sentiment de mal-être et prive la personne de ressources extérieures pour faire face à sa souffrance. Le recours à des pratiques addictives peut donc devenir un moyen de réguler ses émotions et s’évader de ce contexte difficile.
Les conséquences des conduites addictives sur la santé mentale
Une santé mentale fragilisée favorise les addictions, bien que la réciproque soit également vraie : un cercle vicieux peut rapidement s’installer.
La consommation de substances (alcool, médicaments, tabac, cannabis…) ou les comportements addictifs (jeux, écrans, achats compulsifs) perturbent durablement l’équilibre émotionnel. La perte de contrôle liée à l’addiction génère souvent un sentiment de culpabilité, d’échec ou de honte, renforçant l’anxiété et dégradant l’estime de soi déjà fragilisée.
Sur le plan cognitif, les troubles de la concentration, les oublis ou la désorganisation mentale deviennent fréquents, dégradant la performance et les relations au travail. Le salarié peine à suivre le rythme ou à respecter les délais, ce qui peut entraîner des tensions, des sanctions ou une mise à l’écart. Cette exclusion peut venir alimenter le sentiment d’isolement. Ainsi, la santé mentale et la performance professionnelle se dégradent conjointement.
Bien-être des équipes, performance, attractivité : les bonnes raisons d’agir pour la santé mentale et contre les addictions
Avec 51 % des actifs qui se sentent dépendants à un produit psychoactif ou à un comportement addictif. Les conséquences sur la santé des salariés et sur le fonctionnement des organisations ne peuvent être négligées.
En effet, elles se traduisent sur le plan individuel et collectif, par :
Face à ces impacts humains et économiques, la prévention devient un levier stratégique pour la performance durable et la qualité de vie au travail.
Prévention des addictions et amélioration de la santé mentale : quelles mesures mettre en place en entreprise ?
Toujours selon l’étude de GAE Conseil sur la santé mentale et les addictions, 79 % des Français pensent que les employeurs n’agissent pas suffisamment sur ces questions. Pourtant, les entreprises ont de nombreux outils à leur disposition pour sensibiliser sur la santé mentale et les conduites addictives.
Un cadre d’engagement pour agir collectivement : la Charte pour la santé mentale au travail
Au-delà des actions internes, il existe des cadres de référence qui guident les entreprises. La Charte d’engagement pour la santé mentale au travail, portée par le Gouvernement et l’Alliance pour la Santé Mentale, en est un exemple concret.
Les signataires s’engagent dans un plan d’action reposant sur quatre piliers majeurs :
Identifier les risques pour les traiter à la source
Chaque entreprise est exposée à des risques différents. L’évaluation des risques psychosociaux et la mise à jour du DUERP sont essentielles pour cibler les priorités et élaborer des actions adaptées.
Pour cela, vous pouvez vous intéresser aux données disponibles (ex. : arrêts maladie, accidents), observer le terrain et recueillir les avis et témoignages des salariés via des enquêtes ou des entretiens.
Mettre en place des programmes de prévention
La prévention reste la clé pour prévenir la banalisation des conduites addictives.
Afin de favoriser l’engagement et la mémorisation, optez pour des solutions interactives, comme des ateliers collectifs, des défis, ou des conférences avec le témoignage du parcours de rétablissement d’un patients-experts.
GAE Conseil peut vous accompagner dans cette démarche, avec de nombreux ateliers et conférences sur le sujet des addictions.
Améliorer la qualité de vie et les conditions de travail
Protéger la santé mentale des salariés passe aussi par des actions concrètes sur le quotidien professionnel. Cela peut impliquer une réorganisation du travail pour réduire la charge mentale, encourager la collaboration afin de rompre l’isolement, valoriser les efforts et réussites ou encore limiter la disponibilité d’alcool lors des événements professionnels, Ces ajustements contribuent à instaurer un climat de confiance et de bien-être durable.
Favoriser l’écoute et la bienveillance
Lever le tabou autour de la santé mentale et des addictions est essentiel. Les représentations sociales négatives persistent et freinent la parole. Créer un environnement d’écoute, où chacun se sent libre d’exprimer ses difficultés sans crainte, favorise la prévention et la prise en charge.
Des formations dédiées aux managers et aux RH permettent de développer l’écoute active, la bienveillance et la détection des signaux faibles (baisse d’énergie, isolement, changement de comportement), pour agir au plus vite.
Accompagner les salariés en difficulté
La prévention ne suffit pas toujours ; certains salariés ont besoin d’un accompagnement spécifique et adapté. Des dispositifs d’accompagnement et de soins existent, par exemple en proposant une plateforme d’écoute, en rapprochant les salariés dans le besoin d’un psychologue du travail ou encore via le programme d’assistance aux employés de GAE Conseil.
GAE Conseil propose plusieurs formules : accompagnement individuel, présentiel ou à distance, et accompagnement collectif.

