Les conseils prévention de GAE

Le travail est une activité essentielle pour l’homme, il est idéalement source d’épanouissement mais peut être aussi source de souffrance. Si les avancées techniques ont permis la modernisation des conditions de travail, des problèmes subsistent et d’autres sont apparus avec les nouvelles organisations du travail.

Les notions de bien-être au travail, de qualité de vie au travail sont apparues dans les années 1970 dans les pays anglosaxons. Cette sensibilisation à la dimension humaine du travail, qu’elle soit individuelle ou collective, ne cesse de se développer au sein de l’entreprise. Cet intérêt croissant pour la santé psychologique au travail présente un objectif double : augmenter durablement l’efficacité productive grâce à l’engagement des salariés et contribuer à l’épanouissement de l’individu.

En France, on préfère la notion de « conditions de travail » à la « qualité de vie ou bien-être au travail », avec un angle « santé et sécurité » visant la réduction des risques professionnels et la promotion de la prévention.

NAVIGUER AU SEIN DE L’ARTICLE

1. La prévention, axe prioritaire de la politique de santé publique ?
2. La souffrance au travail
3. Le stress au travail
4. Gestion du stress et conduites addictives

La prévention, axe prioritaire de la politique de santé publique

Les autorités publiques définissent les grandes orientations des politiques de santé. Que ce soit en matière de santé publique avec le plan de stratégie nationale de santé 2018-2022, le plan national de santé et environnement et le plan de santé au travail, la stratégie ciblée est la prévention.

La politique de la santé au travail définie dans le 4ème Plan Santé au Travail 2021-2025, s’inscrit dans la continuité du PST3 en « accordant la priorité à la prévention sur la réparation », mais aussi « à la qualité de vie et aux conditions de travail comme levier de performance de l’entreprise et de bien-être du salarié ».

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Le premier axe stratégique du PST4 est le renforcement de « la prévention primaire et la culture de prévention ». La prévention primaire vise à éviter ou réduire les risques de survenue d’une maladie, d’un accident ou d’un handicap. Pour cela, il est nécessaire d’identifier les facteurs de risques individuels et environnementaux ainsi que les facteurs de protection.

La souffrance au travail

Le travail devient une souffrance quand il a des répercussions négatives sur la santé mentale, avec des conséquences physiques (troubles cardiovasculaires, troubles du sommeil, troubles musculosquelettiques, fatigue, etc…) et sociales (isolement).

La souffrance au travail peut être liée au contenu du travail, aux conditions de travail ou à l’insatisfaction des besoins du travailleur.

Pour aider à identifier et réduire les risques pour la santé au travail, un rapport d’expertise (rapport Gollac, 2011) commandé par le Ministère du Travail a défini six facteurs de risque psychosociaux (RPS) : les exigences au travail, les exigences émotionnelles, le manque d’autonomie, les mauvais rapports sociaux, les conflits de valeurs et la qualité empêchée, et l’insécurité de la situation de travail.

Ce concept de risques psychosociaux permet de faire le lien entre la situation au travail et la santé du salarié. Il englobe le harcèlement, l’épuisement professionnel ou burn-out, et toutes les situations stressantes qui conduisent à une souffrance psychique.

Le stress professionnel se définit par le déséquilibre perçu entre les moyens à disposition (aptitudes, compétences, temps, …) et les exigences professionnelles. Lorsque la situation se chronicise, elle génère des troubles sur la santé de l’individu et qui se répercutent sur son environnement professionnel, le collectif et l’entreprise.

Le stress au travail

Le stress au travail survient quand un individu perçoit un déséquilibre entre ses ressources et les demandes de son environnement professionnel. Ce n’est pas le niveau de l’exigence mais l’écart perçu entre les exigences professionnelles et sa capacité à y faire face qui génère du stress.

Tous les métiers sont concernés par le stress, il peut être généré par l’activité même, par l’organisation du travail, ou par les relations au travail. Ainsi un actif sur deux connaît du stress au travail. Le stress devient pathologique lorsqu’il se chronicise. Les RPS permettent d’identifier les facteurs de stress chronique sur lesquels il est possible d’agir par la prévention. La prévention présente un intérêt double, elle préserve la santé de l’individu et celle de l’entreprise.

➣ Le stress chronique a des effets délétères sur la santé au long cours. Les principales pathologies associées au stress chronique sont les maladies cardiovasculaires, le syndrome métabolique (prise de poids, hypertension artérielle et hypercholestérolémie), les troubles musculo-squelettiques et les troubles anxio-dépressifs. Mais les premiers symptômes apparaissent en quelques semaines. Une perturbation émotionnelle (angoisse, tristesse, colère, irritabilité, pleurs, … ), des troubles cognitifs (difficultés de concentration, des oublis, crainte de mal faire, de prendre des décisions) et des manifestations physiques (douleurs, troubles digestifs, alimentaires, du sommeil, sensation d’étouffement, … ).

➣ Pour l’entreprise, ce mal-être se traduit par un taux accru d’absentéisme pour des raisons de santé, une augmentation des accidents du travail, un turn-over important, la dégradation de l’ambiance au travail (conflits, problèmes de discipline, non-respect des horaires…) et une mauvaise qualité de la relation avec les usagers, les clients ou les fournisseurs.

Tous les métiers sont concernés, mais certains le sont davantage du fait de leur forte exposition à des exigences émotionnelles. Ces métiers requièrent de l’empathie, une qualité d’écoute, la gestion de conflits, de faire face à l’agressivité… ce sont les métiers du service public (éducation, santé), les métiers de l’urgence (police, pompiers, santé, …), les métiers à fortes responsabilités, ainsi que ceux du commerce (objectifs trop élevés, forte pression). Et les métiers avec des exigences physiques importantes puisqu’exposés aux conditions climatiques, à des rythmes spécifiques, au bruit, au port de charges lourdes, etc… , les métiers reconnus pour leur pénibilité comme ceux du BTP, du transport, de l’industrie et de l’agriculture.

Une enquête sur les conditions de travail et l’exposition aux RPS montre que 45% des salariés déclarent être soumis à une pression temporelle, 30% se plaignent de devoir interrompre une tâche en cours pour une autre, et 30% déclarent devoir atteindre des objectifs chiffrés. Les ouvriers (45%) et les employés (31%) disposent de moins d’autonomie que les cadres (16%). Les femmes occupant des postes de cadre, profession intermédiaire ou employé sont davantage exposées aux situations conflictuelles au travail (conflits, harcèlements) que les hommes, les employés et les professions intermédiaires sont les plus exposées à la violence interne (collègues, supérieurs hiérarchiques) ou externe (agression du public). Un quart des salariés juge ne pas recevoir l’estime et le respect mérité au travail, moins la profession est qualifiée plus la crainte de perdre son emploi croit.
Les femmes sont globalement plus exposées aux RPS que les hommes (61% vs 53%), et dans l’ensemble plus la catégorie socioprofessionnelle diminue plus l’exposition aux facteurs des RPS augmente (40% des hommes cadres déclarent connaitre au moins 3 des 6 facteurs de RPS au travail, 67% des ouvriers non qualifiés. Pour les femmes, les chiffres sont respectivement de 52% et 75 %.

Gestion du stress et conduites addictives

Le stress est présent dans la vie de chaque individu, son origine est plurielle. Les facteurs individuels interagissent avec des facteurs environnementaux et génère un état d’anxiété permanente.

Un individu en souffrance au travail peut avoir recours à la consommation de substances psychoactives (SPA) pour affronter des situations de stress au travail. Certains produits vont être utilisés pour leur effet stimulant (lutter contre une fatigue physique ou psychique afin d’être plus productif), ou leur effet sédatif pour apaiser ou compenser une souffrance physique ou psychique.

La souffrance psychique est la deuxième maladie à caractère professionnelle signalée par la médecine du travail (Dares, 2021), un quart des hommes et la moitié des femmes sont concernés, après les affections liées à l’appareil locomoteur. Pour faire face aux difficultés rencontrées, toutes les personnes ne disposent pas des mêmes stratégies de coping (gestion du stress), certains développent des conduites addictives. Elles ont une fonction adaptative et permettent ainsi la régulation des émotions.

Il est cependant difficile d’évaluer l’impact réel de la situation au travail sur les conduites addictives, pour les addictions comportementales comme celles avec produits. En effet, les sources de stress sont multiples (la famille, le couple, les finances, …), les produits psychoactifs licites (alcool, tabac, médicaments) sont librement accessibles, la consommation de produits illicites (cannabis) se démocratise, et les habitudes culturelles (alcool, tabac) et sociologiques (NTIC) sont très ancrées.

Plusieurs facteurs interagissent dans les conduites addictives :

    • Les facteurs personnels (la personnalité, les évènements de vie, les comorbidités),
    • Le produit consommé (tous les produits n’ont pas le même pouvoir addictogène, les plus addictifs sont la nicotine, l’héroïne et la cocaïne)
    • Et l’environnement (familial, social, professionnel). A ce titre, l’environnement de travail peut être donc être un facteur de protection ou un facteur favorisant les conduites addictives en aggravant les vulnérabilités individuelles.

Les pratiques addictives ont pour but de procurer du plaisir ou de compenser une souffrance. Concernant les substances psychoactives, il est rare qu’un seul produit soit consommé, la polyconsommation la plus courante étant la consommation d’alcool et de tabac.

➣ On évalue à un quart de la population active, les fumeurs réguliers (27% des hommes et 23% des femmes), les ouvriers ayant la consommation la plus élevée.

➣ Les hommes sont plus exposés à un usage dangereux de l’alcool que les femmes. Ils en consomment quotidiennement (19,8% contre 8% pour les femmes) et ont au moins un épisode d’alcoolisation ponctuelle importante (27,5% et 11,5% pour les femmes). La prévalence de consommation diffère selon les catégories socioprofessionnelles pour les hommes, les plus concernés par un usage régulier sont les agriculteurs et les ouvriers, alors que les cadres déclarent plus d’API mensuelle. La consommation d’alcool sur le temps de travail est une pratique majoritairement masculine, elle concerne les activités de l’agriculture, la construction, l’hébergement et la restauration.

➣ Parmi les actifs, 54,7% ont expérimenté le cannabis. La consommation occasionnelle de cannabis concerne davantage les hommes que les femmes, et varie selon le secteur d’activité. La consommation est plus élevée dans les métiers des arts, de l’hébergement et de la restauration.

➣ Le mésusage des médicaments concerne davantage les femmes que les hommes. il est plus fréquent avec l’âge et un faible niveau socioéconomique (34,6% des ouvriers et 56,3% des femmes employées). Le mésusage de médicaments augmente avec l’intensité du stress au travail, indépendamment de la catégorie sociale concernée.

➣ La consommation de tabac, d’alcool et de cannabis est plus élevée chez les hommes occupant un poste à temps partiel, en revanche les femmes qui occupent un temps plein déclarent consommer davantage. Mais globalement, l’emploi est un facteur protecteur, les personnes en emploi étant moins consommatrices de SPA que les demandeurs d’emploi.

Les addictions comportementales rencontrées dans le monde du travail concernent l’addiction au travail ou workaholisme ainsi que les problématiques d’hyperconnexion et cyberdépendances. Il n’existe pas de définition universelle, mais on considère qu’une activité professionnelle excessive et compulsive présente les critères d’une addiction au travail. Sont davantage concernés les cadres et les professions intellectuelles supérieures. Les 3 principaux facteurs identifiés sont la pression au travail, le besoin d’accroître la productivité et les technologies d’information et de communication qui rendent poreuse la limite entre la vie privée et professionnelle.

Le travail peut être source de stress mais peut aussi préserver la santé de l’individu. En effet, les études montrent que les conduites addictives sont plus importantes chez les demandeurs d’emploi et les hommes employés à temps partiels, que chez les actifs.

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Conclusion

Le travail est un facteur déterminant de la santé. Analyser les liens entre la santé et le travail permet de préserver la santé des salariés et celle de l’entreprise. Pour lutter contre la souffrance au travail il est nécessaire de pouvoir identifier les causes (charge de travail, perte de sens, difficultés relationnelles, …) ainsi que les conséquences sur la santé physique et psychique (anxiété, dépression, burn-out, TMS, maladies cardiovasculaires, …) qui peuvent contribuer à aggraver les conduites addictives.

Prévenir les situations de souffrance au travail est essentiel. Tous les acteurs de la santé au travail sont concernés. La santé au travail ne se réduit pas à la médecine du travail. Elle englobe plusieurs disciplines qui visent à créer un environnement de travail favorable à la santé : l’employeur, les collaborateurs, les cadres, les représentants du personnel, le CSE, la médecine du travail, l’infirmier, l’assistante sociale, les conseillers de prévention, les équipes HSE et le psychologue du travail.

L’entreprise a un rôle majeur à jouer. En mettant en place une politique de promotion de la santé incluant la prévention des addictions avec des actions de sensibilisation et de formation, elle agit sur les dimensions humaines et sociales du travail, qui combinées aux dimensions techniques contribuent à améliorer l’efficacité du travail, le bien-être physique et psychologique des salariés.

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