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Quels sont les effets du cannabis sur la santé-sécurité au travail ?

Parmi les produits illicites, le cannabis est la drogue la plus consommée en France Santé Publique France , et OFDT.

Son usage régulier et quotidien est en constante augmentation. On estime qu’un adulte sur deux (46%) en fera l’expérience au cours de sa vie. L’usage du cannabis, comme l’alcool, concerne une partie de la population générale, et donc de la population active .

S’intéresser aux liens qui existent entre les drogues et la santé c’est aussi s’interroger sur les conséquences de l’usage de ces substances sur la santé et la sécurité au travail.
Image cannabis
 

Qu’est-ce que le Cannabis ?



Le chanvre (cannabis), est une plante originaire d’Asie centrale cultivée depuis des millénaires pour un usage textile (les fibres des tiges) et pour en extraire de l’huile (fleurs et fruits). Les 3 principales variétés cultivées sont le cannabis Sativa que l’on trouve en zone équatoriale pour un usage textile, puis le cannabis Indica ou Indien (originaire du Népal, Himalaya, Maroc et Turquie) et le cannabis Ruderalis (Russie) cultivés pour leurs effets psychotropes. Outre leur origine géographique, ces variétés se différencient par leur concentration en cannabinoïdes, principalement le delta-9 tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD). Le CBD, est une molécule aux effets relaxants, alors que le THC est une substance psychotrope. Ce sont les effets euphorisants, enivrants et hallucinogènes du THC qui sont recherchés par les consommateurs de drogues. Le cannabis est une drogue. Plus son expérimentation est précoce, plus le risque d’usage régulier augmente et avec lui le risque de dépendance physique et psychologique. C’est un dérèglement au niveau du circuit de la récompense qui en est à l’origine ; découvrez comment avec notre vidéo pédagogique.





Le cannabis en France

 

Le cannabis indien est la variété la plus répandue en France, et celle qui contient le plus de produit actif (THC). La France est le pays d’Europe qui compte le plus de consommateurs de cannabis, devant le Danemark et l’Espagne. C’est aussi la drogue la plus consommée chez les adolescents, avec un usage nettement plus important chez les garçons que chez les jeunes filles (ratio 2/1). En France, le cannabis est un produit illicite, il est classé comme stupéfiant. En cas d’infraction, la condamnation (amende, emprisonnement) varie selon la situation. En effet, le code pénal distingue la consommation de la possession et du trafic de ce produit classé comme stupéfiant.



Les modes de consommation du cannabis

 

Le cannabis est souvent fumé. Il peut être inhalé sous forme d’herbe (majihuana, beuh, weed,…), en confectionnant un joint avec des feuilles et sommités souvent mélangées à du tabac, ou sous forme de résine (haschich, shit) égrenée dans du tabac ou consumée dans des pipes à eau. Il peut aussi être ingéré (pâtisserie, boissons), et plus rarement consommé par voie transcutanée.



Quels sont les effets du cannabis sur la santé du cerveau ?



L’agent psychoactif du cannabis est lipophile. Le cerveau étant constitué à 60% de tissus adipeux, il est une cible parfaite pour le THC.

 

La consommation du cannabis libère du THC dans le sang. Il est ainsi transporté dans tout le corps. Il va se fixer sur les corps graisseux, et y rester plusieurs jours. Il va se loger dans de nombreux substrats cérébraux, d’où les différents effets observés. Le THC a une action sur l’humeur (euphorie, baisse de l’anxiété), la perception sensorielle (modification de la perception visuelle, tactile et auditive), la motricité (ralentissement, augmentation du temps de réaction, trouble de la coordination motrice) et la cognition (mémoire, attention, analyse et prise de décision). Ces différents effets du cannabis vont avoir un impact majeur sur la vigilance et donc de fait sur la santé-sécurité au travail et ce quel que soit le domaine d’activité ; cela peut donc faire l’objet d’un ¼ sécurité ou d’une journée prévention ou safety day.

 

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Dans le cas d’une intoxication aigue (se traduisant par des symptômes d’agitation, d’hyperthermie, ainsi que des troubles pulmonaires et cardiaques), des troubles psychiatriques apparaissent (attaques de panique, bouffées délirantes aiguës, hallucinations et sentiment de persécution), ils peuvent durer jusqu’à sept jours.

Quand l’usage du cannabis se chronicise, les troubles s’aggravent. L’humeur se dégrade significativement (asthénie, isolement social) allant jusqu’à l’installation d’une dépression (marquée par une perte de motivation et d’intérêt) avec un risque suicidaire augmenté ; le fonctionnement cognitif est altéré, les capacités attentionnelles (concentration), mnésiques, exécutives (processus cognitifs supérieurs comme la prise de décision, l’organisation, la planification), visuospatiales (repérage spatial) et temporelles (temps de réaction, évaluation du temps, précision). Les effets sur les capacités intellectuelles (QI) sont d’autant plus importants que la consommation a débuté à un jeune âge. A l’adolescence le cerveau n’a pas atteint sa maturité, le cannabis perturbe son bon développement, les séquelles peuvent être irréversibles.



Quels sont les effets du cannabis sur la santé physique ?



La consommation régulière de cannabis est à l’origine de pathologies qui touchent les systèmes respiratoire, cardiovasculaire, métabolique, digestif et reproducteur.

 

Le cannabis étant principalement inhalé, le système respiratoire est le premier affecté. L’association du cannabis au tabac augmente la toxicité du gaz produit, l’oxyde de carbone. Sa fumée est très irritante, elle entraîne des symptômes de toux, pharyngite, laryngite, bronchite. Cette fumée contient aussi davantage de goudrons cancérigènes que la fumée du tabac seul, elle augmente les risques de cancers de la gorge et broncho-pulmonaires. De plus, l’oxyde de carbone réduit la capacité du sang à oxygéner l’ensemble des organes, ce qui influe directement sur le système cardiovasculaire, les usagers chroniques développent des troubles du rythme cardiaque, de la pression artérielle, et ont un risque accru d’accident vasculaire cérébral ainsi que des troubles de l’érection.

 

Le THC perturbe le système métabolique. Il envoie systématiquement un message de faim, avec une appétence pour les aliments riches en sucres et en graisses. Cela peut conduire à développer un syndrome métabolique (prise de poids avec une répartition de la masse grasse autour de la ceinture abdominale et une insulinorésistance pouvant conduite à un diabète type2). Le cannabis agit également sur le système digestif. Le syndrome d’hyperhémèse cannabinoïde est fréquent chez les usagers réguliers, les symptômes sont bien connus : douleurs abdominales, vomissements et nausées. Le THC est également fortement soupçonné d’être un facteur favorisant de pancréatites, et un facteur aggravant de l’hépatite C.

 

La consommation chronique de cannabis détériore le système reproducteur. Il conduit à une diminution de la fertilité (une moindre sécrétion de testostérone chez l’homme, une perturbation des cycles menstruels chez la femme, des grossesses abrégées, des bébés de petite taille) et engendre des dysfonctions sexuelles (baisse du désir sexuel, et chez l’homme troubles de l’érection et de l’éjaculation).

 

Quel que soit le niveau de dépendance et impacts éventuels du cannabis sur la santé il est essentiel d’être accompagné par un professionnel spécialisé pour diminuer et arrêter.

 

Le cannabis et la santé-sécurité au travail



Les effets du cannabis sur la santé sont nombreux. On observe à court terme, une perte de vigilance, des troubles de la coordination, les troubles de la mémoire et de la concentration. Lorsque la consommation devient régulière, elle peut conduire à une dépendance, d’autres symptômes s’installent comme la perte de motivation, l’isolement social, la désinhibition pouvant conduire à des comportements dangereux et/ou agressifs, ainsi que des maladies somatiques présentant une dangerosité avérée. Les enjeux se santé sécurité au travail sont majeurs ; c’est une pratique qui vient majorer tous les risques professionnels et ce qu’elle est lieu ou non sur le lieu de travail. L’organisation d’un « parcours cannabis » est par exemple un bon moyen pour sensibiliser vos salariés à ces enjeux et ouvrir le débat sur une problématique tout aussi tabou que banalisée.

 

Tous les secteurs d’activité sont concernés avec des niveaux de consommation différents. Parmi la population active occupée 8% d’hommes et 4% de femmes consomment du cannabis au moins une fois par semaine. Ce sont les employés de la tranche d’âge 18-35 ans qui sont les plus nombreux à consommer du cannabis (plus d’une fois par semaine). Les derniers résultats de la cohorte de santé publique CONSTANCES (mars 2021) nous donnent des résultats très intéressants sur l’usage et la consommation de cannabis selon le sexe et les CSP (cadres, ouvriers, employés). La prévalence est plus élevée dans les métiers des arts et du spectacle, de l’hébergement et de la restauration. Découvrez l’ensemble des résultats de cette étude au travers de cette petite infographie.

 
 

Si les employés sont les plus nombreux à consommer plus d’une fois par semaine les cadres et les ouvriers sont également bien représentés sur des usages plus faibles (moins d’une fois par semaine). Retrouvez dans le tableau ci-après la répartition des usagers de cannabis en fonction de l’âge, de la catégorie professionnelle et de la fréquence de consommation.

 
 

Les données disponibles sur la consommation de cannabis n’ont pas été élargies aux liens entre consommation et accidents de travail graves. Le lien a en revanche pu être établi en ce qui concerne l’alcool le risque d’accident de travail est ainsi multiplié par 2 dès lors qu’il existe une consommation chronique hebdomadaire et le risque d’accidents du travail grave est augmenté de 50% pour ceux qui ont un épisode d’alcoolisation ponctuelle aiguë au moins une fois par semaine. On peut toutefois noter que différents facteurs liés au travail peuvent favoriser la consommation de cannabis : le stress professionnel, l’insatisfaction au travail (ennui, monotonie des tâches…), la pénibilité au travail (nuisances sonores, port de charges lourdes, conditions climatiques, horaires atypiques…) ou encore l’insécurité de l’emploi.

 

Conclusion



La consommation de cannabis est un facteur déclenchant ou aggravant de nombreuses pathologies et un facteur d’augmentation de l’ensemble des risques professionnels. Ces problèmes de santé sont peu connus, car rarement évoqués du fait de la « représentation positive » dont elle bénéficie dans notre société en général. On la pense peu addictive, peu nocive et conviviale. Un effort doit être fait sur la diffusion de ces informations par des actions de sensibilisation collective adapté au public.

 

Les acteurs de la santé au travail ont un rôle à jouer. L’usage de cette drogue est en constante augmentation. Elle a des effets sur la santé physique et mentale de l’usager, ainsi qu’un impact direct sur la santé et la sécurité au travail. Les professionnels de santé, médecin du travail ou IDE, doivent être formés à l’addictologie et peuvent utiliser les outils du Repérage Précoce et de l’Intervention Brève en addictologie.


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En proposant des actions de sensibilisation qui s’inscrivent dans une démarche globale de prévention des pratiques addictives, l’employeur permet à ses salariés d’aborder ce sujet, de faire le point sur leur propre consommation, et d’être informé sur les risques pour la santé et la sécurité au travail ainsi que les prises en charge possibles en interne et en externe (service de santé au travail, services sociaux et aides en dehors de l’entreprise).


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