La comparaison entre la cigarette électronique (vapotage) et la cigarette classique en termes de nocivité est complexe et souvent sujette à débat, en France comme partout ailleurs. Les études peuvent se contredire, d’autres manquent de données fiables et d’autres encore ne prennent pas en considération toutes les composantes qui peuvent impacter la santé à court, moyen ou long terme.

Alors, comment savoir si le vapotage est plus ou moins dangereux que le tabagisme ? Nous reprenons ici les principaux dangers pour la santé attribués à la consommation de tabac, pour les comparer avec les caractéristiques de l’usage de la cigarette électronique.

cigarette électronique plus dangereuse que tabac ?

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Quantité de substances toxiques : un danger supérieur avec la cigarette classique

Les cigarettes (en paquet, roulées ou tubées) sont connues pour contenir des centaines, et même des milliers, de substances chimiques nocives, dont plusieurs dizaines sont cancérigènes. On compte parmi elles des substances naturellement présentes dans le tabac, et d’autres qui sont des additifs, comme des arômes, des humidificateurs, des conservateurs, etc. D’autres produits encore naissent de la combustion (comme expliqué plus bas), lorsque la cigarette est allumée et fumée.

Il n’y donc aucun doute à affirmer que la consommation de tabac est nocive pour la santé. Mais qu’en est-il de la cigarette électronique ? Un document publié par la Haute Autorité de Santé affirme que « même si la cigarette électronique […] en comprend moins que la cigarette classique – elle contient aussi des produits toxiques ». Ainsi, si vapoter ne fait pas ingérer de goudrons ou de monoxyde de carbone et une quantité bien moindre de métaux lourds, cela est aussi source de composés organiques volatils dangereux pour la santé respiratoire. Les e-liquides contiennent aussi du propylène glycol (PG), qui peut entraîner une irritation des voies respiratoires, des réactions allergiques, des maux de tête, des nausées, etc., lorsqu’il est chauffé avec la vapoteuse.

Ce qu’il faut retenir : l’e-liquide est intrinsèquement moins nocif que le tabac, mais il ne peut pas être considéré comme absolument sans danger. Notez également que le caractère nocif d’un e-liquide être très différent d’un produit à l’autre. Si vous vapotez, privilégiez donc des liquides de qualité (fabrication européenne, composition déposée auprès de l’ANSES, certification AFNOR, etc.).

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Combustion VS vapotage : la cigarette électronique est largement préférable

La combustion du tabac produit de la fumée, inhalée par le fumeur et contenant des produits chimiques toxiques résultant de la combustion : goudron, formaldéhyde, cyanure d’hydrogène, benzène, monoxyde de carbone et cadmium, pour n’en citer que quelques-uns. Ce sont des substances cancérigènes et qui affectent durablement les poumons.

Le liquide de vapotage est quant à lui chauffé à une température suffisamment élevée pour produire de la vapeur, mais pas assez élevée pour provoquer une combustion. Ainsi, le vapotage élimine la production de goudrons et de nombreuses substances nocives associées à la combustion du tabac.

Dangers à long terme : une incertitude qui plane encore

Un autre sujet épineux quand on parle des risques de la cigarette électronique, ce sont ses effets sur le long terme. Concernant le tabac, on sait désormais très bien qu’il est la cause de nombreux décès chaque année et qu’il accroît sensiblement le risque de cancer du poumon, de cancer de la gorge, de maladie respiratoire, de maladie cardiovasculaire, etc.

Pour les cigarettes électroniques, c’est un peu différent. Elles ne sont en effet commercialisées que depuis le début des années 2000, ce qui laisse peu de recul et de données à la recherche scientifique et médicale pour évaluer leurs impacts. La HAS indique d’ailleurs que : « en l’état actuel des connaissances, son efficacité et son innocuité n’ont pas été suffisamment évaluées ». Cela est vrai pour les personnes qui ont usage de la cigarette électronique, mais aussi pour les personnes exposées à la vapeur (vapotage passif).

Risque de dépendance à la nicotine : peu de différence entre tabac et cigarette électronique

Si sur la plupart des sujets, il est communément admis que la cigarette électronique est moins nocive que la cigarette traditionnelle, ce n’est pas forcément le cas avec le risque de dépendance. Encore que… tout cela est à nuancer en fonction de la consommation, du type d’e-liquide, etc.

Reprenons les choses depuis le début : l’e-cigarette est souvent utilisée comme moyen de sevrage du tabac par les fumeurs. Pour ce faire, il est conseillé de choisir un liquide à vapoter dont le taux de nicotine correspond à la consommation actuelle, puis de diminuer peu à peu le dosage au fil des semaines, pour atteindre un taux de nicotine de 0. De ce point de vue, l’utilisation de la cigarette électronique en remplacement des cigarettes conventionnelles permet donc un sevrage progressif et contrôlé, qui offre parfois de très bons résultats.

Mais cela peut cacher plusieurs problèmes :

  • Certaines personnes, notamment parmi les jeunes, s’essayent à la cigarette électronique alors qu’elles ne sont pas dépendantes au tabac. Si elles vapotent des e-liquides avec de la nicotine, alors la dépendance peut s’installer, au même titre que s’il s’agissait de cigarettes classiques.

  • La cigarette électronique peut inciter à une utilisation bien plus fréquente que ne l’était la consommation de tabac (par exemple, parce que son goût est agréable, parce qu’elle est autorisée dans plus de lieux, etc.). Et même avec un dosage de nicotine plus faible, le consommateur risque donc d’en ingérer bien plus chaque jour, alimentant son addiction.

  • Sans renseignement ou conseil préalable, un nouveau vapoteur risque de choisir un liquide dont le taux de nicotine ne lui convient pas. Trop faible, cela pourrait l’inciter à fumer à nouveau. Trop fort, cela pourrait engendrer des maux de tête et des nausées, et aggraver sa dépendance à la substance.

Conclusion : vaut-il mieux vapoter que fumer des cigarettes ?

Pour répondre de manière claire et concise : oui, il est préférable de se tourner vers la cigarette électronique que de continuer à fumer. À condition de bénéficier des conseils d’un addictologue ou bien d’un vendeur de cigarettes électroniques et d’e-liquides qui connaît bien son sujet, et d’envisager le vapotage comme un moyen de sevrage à usage temporaire, et non comme une solution de remplacement pérenne.

Ainsi, en tant qu’employeur ou responsable des ressources humaines souhaitant agir en faveur de la santé de vos équipes via la lutte contre le tabac, la cigarette électronique ne doit pas être présentée comme LA solution, mais l’une des alternatives possibles.
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portrait Alexis Peschard

A propos de l'auteur :

Alexis PESCHARD est addictologue et le président-fondateur du cabinet GAE Conseil, cabinet aujourd’hui incontournable de la prévention des conduites addictives dans le monde du travail en France. Il dirige le Pôle Conseil en addictologie du cabinet et développe des projets en prévention primaire pour le compte de clients grands comptes et branches professionnelles. Il a fait l’objet de plusieurs centaines d’interviews en presse écrite, radios et chaînes de télévisions nationales. Il intervient enfin régulièrement dans le cadre de congrès scientifiques, journées d’études et est publié chaque année dans différentes revues RH, juridique... Il est l’auteur du livre « Tous accros aux écrans » publié aux éditions Mardaga.