L’appétence pour l’alcool chez l’être humain trouverait son origine chez nos ancêtres hominoïdes, il y a plus de 10 millions d’années, au hasard de la découverte de fruits tombés au sol et fermentés de manière naturelle. Dans la France contemporaine, la consommation d’alcool présente des réalités bien contrastées et qui continuent à évoluer. Du poids économique des filières de production d’alcool aux motivations qui sous-tendent la consommation, en passant par les conséquences plurielles de cette consommation, et l’apparition en 2020 du défi de janvier, la consommation d’alcool n’a pas fini d’être un vaste sujet.

Les chiffres de la production et de la consommation d’alcool en France

Selon l’OFDT (Observatoire Français des Drogues et Tendances addictives), en France en 2021, les filières vinicoles, spiritueux, champagne, brassicole et cidricole emploient près de 75.000 salariés, et vendent pour 24,8 milliards d’euros concernant la filière des vins rouge, blanc et rosé, pour 6 milliards d’euros concernant la filière spiritueux, pour 5,7 milliards d’euros concernant la filière champagne, pour 1,6 milliard d’euros concernant la filière brassicole, et pour 109 millions d’euros concernant la filière cidricole.

La consommation d’alcool diminue progressivement en France depuis plusieurs décennies. Selon l’OFDT, elle est passée de 26 litres d’alcool pur par habitant de 15 ans et plus, en moyenne annuelle dans les années 1960, à 9,75 litres en 2024. Quant au type d’alcool, l’OFDT rapporte qu’en 2024, 52% de l’alcool consommé en France est le vin, 25% la bière, 21% les spiritueux et moins de 2% les autres boissons alcooliques (cidre, porto…).

Les motivations à la consommation d’alcool en France

La consommation d’alcool en France fait partie intégrante d’un patrimoine culturel, gastronomique, synonyme de convivialité. Boire de l’alcool est une habitude très ancrée pour célébrer les évènements marquants de la vie : naissance d’un enfant, mariage, anniversaire, obtention d’un diplôme, réussite professionnelle, départ à la retraite, pot de départ…

Santé Publique France a analysé dans son Baromètre de 2017 les motivations des français à la consommation d’alcool. Parmi les motivations des consommateurs les plus réguliers interrogés, on retrouve le goût du produit pour 80% d’entre eux, la notion de fêtes mieux réussies pour 56%, la sensation que l’alcool procure pour 52% des personnes interrogées, et la facilitation de l’intégration dans un groupe social pour 34% d’entre elles. Enfin, près d’une personne interrogée sur cinq verbalise la perception d’une aide apportée par la consommation d’alcool, dans des moments de déprime ou de nervosité, et 13% précisent boire de l’alcool pour tout oublier.

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Le profil des consommateurs d’alcool en France

L’OFDT rapporte qu’en 2024, parmi les adultes âgés de 18 à 75 ans, 14,9 % déclarent des API (Alcoolisation Ponctuelle Importante de 6 verres standards ou plus en une seule occasion) mensuelles (22,1 % des hommes contre 8,1 % des femmes), et 4,5 % des API hebdomadaires (7,3 % des hommes contre 2 % des femmes) ; 7% consomment quotidiennement de l’alcool (10,4% des hommes contre 3,8% des femmes), et 37% chaque semaine (47,2% des hommes contre 27,3% des femmes). La tranche d’âge présentant le taux d’API mensuel le plus important est celle des 18-24 ans (24%), le taux le plus important de consommations quotidiennes celle des 65-75 ans (16,6%).

Selon Santé publique France, en 2021, les habitudes de consommation d’alcool variaient également selon la situation socio-économique. Les personnes les plus favorisées déclaraient plus souvent une consommation hebdomadaire et un dépassement des repères de consommation, tandis que les personnes les moins favorisées rapportaient plus fréquemment une consommation quotidienne, des alcoolisations ponctuelles importantes (API) et un risque chronique ou de dépendance, sur les 12 mois précédents.

Les repères de consommation à moindre risque d’alcool en France et les risques de leur dépassement

Les repères actuels de consommation à moindre risque d’alcool sont le fruit d’un avis émis en 2017 par des experts indépendants, missionnés par Santé Publique France et l’Institut National du Cancer. Ces repères sont identiques pour hommes et femmes et recommandent :

  • Ne pas consommer plus de 10 verres d’alcool par semaine

  • Ne pas consommer plus de 2 verres par jour

  • Ne pas boire d’alcool au moins 2 jours par semaine

Un verre, ou dose standard, ou unité d’alcool, équivaut en France à 10 grammes d’alcool pur. A partir du premier verre d’alcool, des effets à court et long termes se produisent sur la santé et le comportement.

Les risques pour la santé dépendent de la fréquence et des quantités d’alcool consommées, mais aussi de l’âge, du sexe, de l’état de santé ou encore de facteurs génétiques. A court terme, la consommation d’alcool peut être source d’accidents (domestiques, au travail, sur la route). A long terme, la consommation d’alcool peut entraîner des maladies hépatiques, cardiovasculaires, neurologiques ou encore cancéreuses.

L’INSERM en 2021 a précisé les modifications de comportement selon la dose d’alcool ingérée : effet stimulant avec désinhibition pour une alcoolémie inférieure à 0,5g/l, et au-dessus de 0,5g/l, sédation et troubles de la motricité. En cas d’API, les dangers augmentent : coma éthylique, prises de risques (conduite en état d’ébriété, relations sexuelles non protégées et/ou non consenties…), violence et impulsivité, troubles de la concentration, du sommeil, de la mémoire, fatigue…

Pour les salariés présentant un trouble d’usage d’alcool, GAE Conseil propose aux employeurs la possibilité d’un accompagnement personnalisé par un addictologue, un psychologue ou un patient expert, en face à face ou à distance.

©Société Française d'Alcoologie

©Société Française d'Alcoologie

La consommation d’alcool en milieu professionnel

Les chiffres de la consommation d’alcool en milieu de travail, fournis par la cohorte CONSTANCES, révèlent, parmi la population active en emploi en 2021, que :

  • 19,8% d’hommes et 8% de femmes ont une consommation dangereuse d’alcool (au-delà des repères de consommation) ;

  • la catégorie d’âge des 18-35 ans est la plus concernée par une consommation dangereuse d’alcool, avec 30,7% d’hommes et 12,9% de femmes, et par les API, avec 11,4% d’hommes et 5% de femmes ;

  • les catégories socio-professionnelles les plus concernées par un usage dangereux d’alcool sont les employés hommes (avec 22,9%), les ouvriers hommes (avec 22%) et les femmes cadres (avec 10,7%)

  • 27,5% des hommes et 11,5% des femmes connaissent au moins un épisode d’API par mois.

Les secteurs d’activité présentant les proportions les plus élevées de consommation d’alcool au travail sont l’agriculture, sylviculture et pêche, la construction, l’hébergement et restauration, les arts, spectacles et activités récréatives.

En entreprise, la consommation d’alcool représente un risque transversal qui potentialise et majore l’ensemble des risques professionnels, même si cette consommation a lieu hors cadre du travail. Ainsi, depuis 2014, un décret permet aux employeurs de limiter voire interdire la consommation d’alcool, sous réserve que cette mesure soit « proportionnelle au but recherché », et inscrite au règlement intérieur (ou note de service). GAE Conseil accompagne les employeurs en proposant des ateliers de sensibilisation sur le risque alcool, lors de journées prévention ou safety days.

L’expérimentation d’un mois sans alcool : le défi de janvier (ou dry january)

La relation des Français avec l’alcool évolue depuis quelques années, comme dans d’autres pays européens, à l’instar du Royaume Uni où est apparu en 2013 le Dry January. Importé en France en 2020, l’objectif de ce défi de janvier (s’abstenir de toute consommation d’alcool juste après les fêtes de fin d’année) est d’interroger son rapport au produit, et éventuellement de le changer durablement par la suite.

C’est ainsi que 4,5 millions de Français ont arrêté leur consommation d’alcool pendant un mois en janvier 2024, et que 58% des participants poursuivent leur réduction de consommation d’alcool huit mois après l’expérience du défi de janvier. Une pause dans la consommation d’alcool (en janvier comme à tout moment de l’année !) apporte des améliorations notables quant au bien-être physique, psychologique, et au sommeil. Refuser ensuite un verre après une telle pause lors d’une occasion devient plus aisé.

GAE Conseil a conçu un outil pour accompagner chaque personne souhaitant se lancer le challenge d’un mois sans consommer de boissons alcooliques, un livret type journal de bord « Je relève mon défi sans alcool ».

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