Dans le débat public, les consommations de substances psychoactives et les violences sont souvent corrélées. Une nuance dans la fréquence est cependant à apporter. Selon la MILDECA (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), l’alcool est présent dans 30% des condamnations pour violences, 40% des violences intrafamiliales et 30% des vols et agressions. Et d’après l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), en 2023, 1056 signalements suspects de cas de soumission ou de vulnérabilité chimiques ont été recensés. Où se situent les consommations de substances psychoactives en France ? Quels effets des substances psychoactives, notamment de l’alcool, pour quels impacts sur les violences ? Et comment prévenir les violences induites par les substances psychoactives et leurs conséquences ?
Point sur la consommation de substances psychoactives en France
Selon l’OFDT (Observatoire français des drogues et des tendances addictives), parmi les 52,1 millions de français âgés de 11 à 75 ans en 2023, sur les douze derniers mois, il est estimé que :
Substance psychoactive : définition et catégories d’effets
Une substance psychoactive est un produit, licite ou non, qui exerce un effet sur le système nerveux, peut modifier le psychisme et le comportement, engendre du plaisir et peut entraîner une dépendance. Les effets des substances psychoactives sont classés en trois catégories :
Effets des substances psychoactives, addiction et violences
Les substances psychoactives stimulantes, plus particulièrement la cocaïne, l’amphétamine et la méthamphétamine, sont celles qui, par leur effet excitateur, peuvent davantage favoriser les comportements violents.
Cependant, c’est l’alcool (la substance la plus consommée) qui, malgré son effet dépresseur, mais par la désinhibition qu’il provoque, entraîne davantage de violences interpersonnelles, comme l’ont montré diverses études à l’échelle internationale depuis plusieurs décennies. En France, une étude menée en 2006* a révélé que 40% des répondants ayant participé à des actes d’agression physique dans un lieu public, et 35% des auteurs de violences intrafamiliales, avaient bu de l’alcool dans les deux heures précédant ces actes. L’effet de l’alcool sur les actes d’agression est évalué indirect selon l’état des recherches. L’alcool entraîne des perturbations sur le fonctionnement cognitif exécutif, localisé au niveau du cortex préfrontal, et qui inclut des capacités telles que l’auto-contrôle, l’attention, la flexibilité mentale (capacité d’adaptation à des situations nouvelles, changeantes ou imprévues), ou encore le raisonnement abstrait. Ces perturbations engendrent une « myopie alcoolique », c’est-à-dire une focalisation importante de l’attention sur certains aspects d’une situation, sans pouvoir prendre en compte l’intégralité des informations qui pourraient permettre de temporiser ou d’inhiber la réaction agressive induite.
Le cannabis est rarement retrouvé chez les auteurs de violences, en dehors de l’effet « bad trip » (qui consiste en un sentiment de malaise et d’angoisse intense, et qui est plus susceptible de se produire lors des premières consommations), pouvant mener à une agression.
Enfin, lorsqu’une personne souffre d’une addiction à une substance psychoactive et qu’elle connaît un sevrage brutal de ce produit, les symptômes physiques et psychiques du manque peuvent la rendre agressive et favoriser un passage à l’acte de violence sur autrui.
Effets des facteurs individuels et environnementaux sur les violences
La consommation de substances, comme les comportements violents, peuvent s’expliquer par l’association de facteurs individuels et de facteurs environnementaux. La personnalité se construit à partir de prédispositions biologiques et de l’environnement, au cours d’un processus de maturation cérébrale atteinte vers l’âge de 25 ans. Certaines caractéristiques de personnalité peuvent être associées à une plus grande propension à l’agressivité, tendance qui peut être majorée par la consommation de substances psychoactives.
Les contextes familiaux et les milieux de vie jouent également un rôle. Des parcours marqués par des situations de violence, une présence et une accessibilité de substances psychoactives, ou encore certaines conditions d’ambiance de lieux de consommation, notamment festifs et nocturnes (espaces bruyants, surchargés ou inconfortables), peuvent induire des tensions ou des actes violents, sans en être les seuls facteurs causaux.
Soumission et vulnérabilité chimiques
La soumission chimique consiste à faire consommer une substance psychoactive à l’insu de la personne victime, ou en la menaçant, avec pour finalité de commettre des actes criminels (viols, homicides…) ou délictuels (vol, violence physique…) sur la victime. Les produits les plus fréquemment identifiés lors des analyses pratiquées sur les personnes victimes sont des médicaments (antihistaminiques, sédatifs, benzodiazépines, antidépresseurs, opioïdes…), et d’autres substances illicites comme la MDMA, la cocaïne, la 3-MMC, la kétamine ou encore le GHB.
On parle également de vulnérabilité chimique, lorsqu’une personne ayant consommé une ou plusieurs substances psychoactives se trouve ainsi dans un état de fragilité, la rendant plus exposée au risque d’agression. Les substances utilisées dans les deux cas de soumission ou de vulnérabilité chimiques entraînent des modifications du fonctionnement psychique et du comportement, comme la somnolence, les vertiges, les pertes de mémoire, la désinhibition, la confusion. Ces effets sont recherchés par l’auteur pour diminuer ou empêcher la victime de se défendre.
Conclusion : comment prévenir les violences favorisées par les consommations de substances psychoactives ?
Différents types d’intervention permettent de prévenir, du niveau primaire au tertiaire, les violences favorisées par les consommations de substances psychoactives
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