Les conseils prévention de GAE

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1. Les Troubles Musculo-Squelettiques
2. La douleur

3. Douleurs aiguës ou chroniques ?
4. Les médicaments antalgiques
5. Propositions alternatives & prévention au travail

TMS visuel

Les Troubles Musculo-Squelettiques

Il s’agit de l’atteinte d’une ou plusieurs structures constituant l’appareil locomoteur (muscles, tendons, os, ligaments, cartilages, nerfs…). Un TMS peut-être une pathologie bénigne, transitoire et sans conséquences pour l’avenir d’une personne, mais il peut être également responsable de lésions chroniques, irréversibles et handicapantes. Entre ces ceux extrêmes, nous observons toutes les nuances de gravité.

Le membre supérieur est la zone la plus touchée par les TMS au niveau de la zone poignet / main, avec des pathologies douloureuses comme le syndrome du canal carpien ou encore la tendinite de Quervain qui est une inflammation d’un des tendons du pouce.
L’épaule, elle, présente fréquemment des lésions tendineuses, des tendinopathies calcifiantes, des capsulâtes rétractiles, des conflits sous acromiaux… Et enfin le coude avec ses classiques épicondylites ou plus couramment « tennis elbow » (tendinite des tendons épicondiliens).
Les troubles de la colonne vertébrale arrivent ensuite dans les statistiques de fréquences avec la sciatique, bien sûr, mais aussi la cruralgie, la hernie discale, le canal lombaire étroit, le lumbago…

Ces Troubles Musculo-Squelettiques représentent la première cause d’indemnisation pour maladie professionnelle en France, depuis 2003, les TMS ont augmenté de 60%.
Le mal de dos représente 20% des accidents des travail.

La douleur

La douleur est une sensation. Tout le monde la ressent mais il est très difficile de la mesurer, de l’évaluer car elle varie énormément selon les individus, les milieux socio-culturels, les pays…
La douleur n’est pas seulement l’expression de la souffrance tissulaire, il s’agit en fait d’une sensation complexe, sensorielle et émotionnelle, qui met en jeu des récepteurs présents dans tout l’organisme (la peau, les muscles, les os, les tendons, les disques intervertébraux, les cartilages, les organes…).
Selon la définition officielle de l’association internationale pour l’étude de la douleur (IASP), « la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite dans ces termes ».

Les symptômes de la douleur de l’adulte sont variés. On parle de douleur vive, déchirante, diffuse, fulgurante, irradiante, lancinante, pulsatile, etc. Les douleurs répétées et chroniques peuvent avoir un fort impact sur la qualité de vie au quotidien, et même provoquer de l’anxiété, voire des troubles de l’humeur comme la dépression par exemple. L’évaluation médicale de la douleur commence par l’établissement d’un bilan complet, avec un historique médical du patient, la localisation de la douleur et les mots pour la décrire, les traitements antalgiques déjà entrepris, etc.

TMS visuel 2

Douleurs aiguës ou chroniques ?

La douleur aiguë est un signal d’alarme qui permet à l’organisme de se protéger et de réagir face à une agression, une stimulation mécanique, chimique ou thermique. Ces stimulations intenses, vont alors déclencher un mécanisme de transmission d’informations des terminaisons nerveuses, les récepteurs de la douleur (appelés nocicepteurs) situés au niveau de la peau, par exemple, vers le cerveau.
En résumé, la douleur aiguë permet de réagir face à une agression de nos systèmes, elle permet de déclencher des réactions afin de protéger les éléments en souffrance en faisant en sorte de supprimer la cause de la douleur.

Cependant, la douleur n’est pas aiguë que le temps d’enlever sa main d’une surface trop chaude ou d’arrêter de couper dès que l’on sent la douleur sur son doigt. La notion de douleur aiguë en médecine peut durer jusqu’à 3 mois… En effet on considère qu’une douleur est devenue chronique qu’à partir du 90ème jour. La douleur n’est alors plus un symptôme qui nous alerte, mais s’est transformée en pathologie.

Les médicaments antalgiques

On a vu que les Troubles Musculo-Squelettiques étaient des pathologies qui pouvaient être très douloureuses pouvant entrainer des impotences fonctionnelles importantes. Il est donc évident que dans l’arsenal thérapeutique dont dispose la médecine il y ait une place importante pour les traitements médicamenteux, notamment avec des antalgiques.

Les traitements des Troubles Musculo-Squelettiques sont pluridisciplinaire : kinésithérapie, orthèses, infiltrations, chirurgie, mais ce qui nous intéresse ici, ce sont les traitements médicamenteux.

Il existe trois paliers dans ces traitements :

● 1er palier : les non-opiacés, comme le paracétamol et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (aspirine, ibuprofène…) qui sont de très loin les plus utilisés (environ 80 % de la consommation totale) ;

● 2ème palier : les opiacés faibles, dérivés « allégés » de l’opium et de la morphine, comme la codéine (Codoliprane) ou le tramadol (Ixprim, Zaldiar, Contramal…) ;

● 3ème palier : les opiacés forts, la morphine et ses dérivés (Skénan, Fentanyl, OxyContin…).

Même si tous les médicaments nécessitent un accompagnement et une éducation thérapeutique effectuée par des professionnels de la santé, même si les addictions revêtent un panel de pratiques différentes, les médicaments qui prédisposent le plus à une dépendance sont les dérivés de l’opium.

Pour les médicaments du palier 1, même s’il n’est pas rare de voir des patients qui ne peuvent pas s’endormir sans leur comprimé de paracétamol, même si ce comprimé est d’un point de vue médical vraisemblablement inutile, même si le fait d’habituer son corps à une prise régulière d’un médicament affaibli son effet et sera donc moins efficace en cas de douleur, il est rare que les problématiques se jouent dans cette catégorie de médicament.

Les paliers 2 (opiacés faibles, dérivés « allégés » de l’opium et de la morphine) et 3 (les opiacés forts, la morphine et ses dérivés) sont eux des produits à risques.

Un des « problèmes » de ces médicaments, c’est qu’ils sont redoutablement efficaces. Quand un patient a par exemple un lumbago ou une rage de dent (2 maladies la plupart du temps bénigne) la prise de ces médicaments les soulage très rapidement et très efficacement. Les douleurs de lumbago et de rage de dent étant très intenses et invalidantes, la disparition de la douleur est un soulagement immense, c’est alors que l’éducation thérapeutique doit être effectuée avec soin, car « l’expérience utilisateur » est en général très satisfaisante et la tentation de se « soulager seul » est grande pour le patient, s’il rencontre un autre épisode douloureux.

Les médicaments n’échappent pas à la règle de l’accoutumance de la tolérance. Ainsi, si un patient consomme un médicament en dehors de sa prescription, il risque d’augmenter progressivement ses doses pour obtenir le même effet et par conséquent de glisser progressivement vers la dépendance.

Les médicaments entraînent également une dépendance psychologique notamment en cas d’absence de douleurs. Les patients redoutent de voir ces dernières ressurgirent et entraîner, par conséquent, toutes les difficultés associées à la douleur : réveils nocturnes, fatigue chronique, stress et angoisse, … Ainsi, parfois, les patients choisissent la solution qui leur semble la moins risquée sur le moment à savoir continuer la prise du médicament sans avoir forcément conscience qu’un risque de dépendance peut s’installer.

Les critères d’une dépendance à un médicament psychotrope sont les mêmes que pour tout autres produits psychoactifs : syndrome de tolérance, l’apparition d’un syndrome de manque, une perte de contrôle dans sa consommation, des conséquences négatives physiques ou sociales liées à la consommation du produit, etc.
Si certains de ces critères sont cochés, il peut être important de questionner son rapport au médicament même si celui-ci est prescrit. Quand le besoin de prendre le médicament prend le pas sur la pathologie et les douleurs, il est important d’en parler avec un professionnel de santé afin de réévaluer la prescription.

Propositions alternatives & prévention au travail

Les dépendances aux médicaments sont dans la plupart des cas consécutives à une consommation normale et prescrite de médicaments.
Elles surviennent à la suite de douleurs dues à différents troubles ou dysfonctionnements.
La prescription de ces substances se doit d’être faite avec vigilance, ce qui est, bien sûr, la plupart du temps le cas.
L’éducation thérapeutique du patient doit être effectuée à toutes les étapes du traitement du patient, il est judicieux qu’elle soit pluriprofessionnelle. Elle commence en général par le prescripteur (médecin pour les TMS, mais cela peut être aussi un dentiste ou une sage-femme pour d’autres pathologies), mais elle doit être poursuivie par les autres professionnels de santé (pharmacien, bien sûr, mais aussi kinésithérapeute, infirmier…)
Les solutions antalgiques non médicamenteuses sont aussi à proposer, kinésithérapie, exercices spécifiques, hypnose, musicothérapie,…

Il est possible également de travailler avec le patient sur des ateliers d’éducation thérapeutique en proposant des alternatives aux traitements médicamenteux en axant sur l’acceptation de la douleur, la déculpabilisation du patient et la mobilisation du patient notamment via l’activité physique adaptée.

En France, nous ne vivons pas une crise des opioïdes comme cela peut être le cas aux Etats-Unis mais il est important de rester vigilant. En effet, les professionnels de l’addictologie voient de plus en plus de patients consulter pour des pharmacodépendances notamment aux antalgiques.

Les médicaments psychotropes sont, avec l’alcool et le cannabis, les produits les plus consommés dans le milieu professionnel. Les derniers résultats de la Cohorte CONSTANCE révélait ainsi que 4% des actifs a eu au moins un mésusage d’anxiolytique dans l’année. Stress, burn-out et bore-out, charge de travail importante, etc. sont d’autant de causes qui peuvent amener un usage excessif de médicaments.
Cette consommation peut aussi prendre la forme de « dopage » dans le but de « faire taire » toutes formes de symptômes afin d’assurer une productivité et une efficacité suffisante au travail.

En termes d’enjeu de santé-sécurité au travail, il est important de prendre en considération l’usage de médicaments psychotropes. En effet, ces médicaments entrainant une altération du comportement et notamment une baisse de la vigilance et de la somnolence, l’employeur a la responsabilité d’apporter une information et mener des actions de sensibilisation pour faire respecter les règles de prudence liées à l’usage de médicaments, notamment sur les postes de sécurité.

En fonction du niveau de pictogramme du médicament, le salarié a également un devoir d’information. En effet, un salarié devra informer la médecine du travail pour les médicaments de niveau 2 et 3 si ce dernier occupe notamment un poste de sécurité. Le médecin du travail pourra apporter des solutions temporaires d’aménagement d’horaires et/ou de postes si cela est nécessaire.

Sécurité : voiture et médicaments

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A propos de l'auteur :

Kinésithérapeute, Secrétaire Général de l'URPS IDF & Fondateur du cabinet Mélétéa