Les moments conviviaux en entreprise : un véritable levier de cohésion sociale

Les moments de convivialité occupent une place importante dans la vie des entreprises. Afterworks, pots de départ, repas d’équipe, séminaires ou événements internes sont autant d’occasions de créer du lien au-delà des échanges strictement professionnels.

Ces temps informels contribuent à renforcer la cohésion des équipes, à améliorer les relations entre collaborateurs et à développer un sentiment d’appartenance. Ils peuvent également faciliter l’intégration des nouveaux arrivants en leur permettant de rencontrer leurs collègues dans un cadre différent de celui du travail quotidien.

Dans un environnement professionnel où les organisations évoluent rapidement, où le télétravail et les modes de collaboration hybrides se développent, ces moments collectifs prennent une importance particulière. Pour les métiers opérationnels, techniques ou de production, ils constituent aussi des occasions essentielles pour consolider les liens et échanger avec d’autres équipes. Ces temps partagés contribuent ainsi à maintenir une dynamique de groupe positive, à favoriser la reconnaissance mutuelle et à soutenir la qualité de vie au travail.

Ces pratiques collectives constituent un véritable atout pouvant renforcer l’épanouissement professionnel des salariés. L’important est de sécuriser leur organisation afin qu’elles restent accessibles et agréables pour tous, dans le respect des habitudes, des choix personnels et des contraintes de chacun.

Une culture d’entreprise inclusive repose sur la possibilité de participer aux événements collectifs sans ressentir de pression ou de gêne implicite pour permettre à chaque collaborateur de trouver sa place, quels que soient ses choix ou ses habitudes personnelles.

Quand les habitudes collectives peuvent favoriser des conduites à risque

Si les événements professionnels peuvent être bénéfiques pour les relations de travail, certaines pratiques associées à ces moments peuvent également générer des situations à risque. La présence d’alcool lors d’afterworks ou de pots d’entreprise en est un exemple.

La consommation d’alcool peut progressivement devenir une habitude culturelle collective, voire être perçue comme un élément incontournable de la convivialité. Cette normalisation peut rendre plus difficile le choix de ne pas consommer, notamment lorsque les salariés craignent d’être perçus comme différents ou moins impliqués dans la vie du groupe.

En 2024, 22,2 % des adultes déclaraient une consommation dépassant les repères de consommation à moindre risque définis par Santé publique France (ne pas consommer plus de 2 verres standards par jour, pas plus de 10 verres par semaine et prévoir des jours sans consommation). Cette proportion concernait 24,6 % de personnes en emploi.

La pression sociale, même lorsqu’elle est implicite, peut jouer un rôle important. Des remarques anodines, taquineries ou encouragements à « participer comme les autres » peuvent placer des collègues dans une situation inconfortable.

Ces comportements ne concernent pas uniquement les consommations excessives. Le risque réside également dans la banalisation de certaines pratiques et dans le fait que des comportements potentiellement dangereux puissent être minimisés dans un cadre professionnel.

Les conséquences peuvent concerner la santé des collaborateurs, mais aussi leur sécurité et celle de leur entourage. Une consommation d’alcool ou de CBD peut notamment poser la question des déplacements, des accidents ou encore de la capacité à reprendre l’exercice de certaines activités en toute sécurité. Le tabac reste également une consommation fréquente chez les actifs. En France, près de 27 % des hommes actifs et 23 % des femmes actives déclarent fumer. Lors d’évènements conviviaux, les pauses tabac peuvent devenir plus nombreuses, influencés par la dynamique de groupe. Cela contribue à majorer les risques impactant la santé des consommateurs et pose la question de l’inclusion des salariés non-fumeurs, créant parfois un sentiment de décalage dans un groupe.

La prévention consiste donc à identifier ces situations pour accompagner l’évolution des pratiques collectives.

Mois sans alcool

Organisez le Mois sans alcool dans votre entreprise ou organisation en découvrant notre offre pour faire de cet événement un succès.

Le rôle de l’entreprise : concilier responsabilité et qualité de vie au travail

L’entreprise occupe une place centrale dans la prévention des risques liés aux pratiques collectives. En tant qu’employeur, elle a une responsabilité de protection de la santé et de la sécurité des salariés.

À ce titre, l’article L4121-1 du Code du travail prévoit que l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Concernant l’alcool, l’article R4228-20 du Code du travail autorise uniquement la consommation de bière, vin, cidre et poiré. Cette autorisation concerne le lieu de travail et ne signifie pas que la consommation d’alcool est autorisée pendant le temps de travail. Elle permet notamment la présence d’alcool dans le cadre de pots, de repas ou d’événements internes organisés à l’occasion de moments conviviaux, sous réserve du respect des règles applicables et, le cas échéant, de la procédure interne de demande et d’organisation des pots. L’employeur peut toutefois limiter ou interdire la consommation d’alcool par le règlement intérieur ou une note de service lorsque celle-ci est susceptible de porter atteinte à la santé ou à la sécurité des salariés, à condition que ces mesures soient proportionnées aux risques identifiés.

La responsabilité de l’entreprise ne disparaît pas au motif qu’un événement est présenté comme un moment convivial : dès lors qu’il est organisé dans un cadre professionnel, l’employeur doit veiller aux conditions dans lesquelles il se déroule et prendre les mesures nécessaires pour préserver ses salariés.

La consommation de CBD mérite également une vigilance particulière, notamment pour les salariés amenés à conduire. Bien que certains produits soient autorisés à la vente, ils peuvent contenir des traces de THC détectables lors d’un contrôle. En application de l’article L235-1 du Code de la route, la conduite après usage de stupéfiants est sanctionnée dès lors que la présence de THC est établie. Il est donc important de sensibiliser les salariés concernés à ce risque.

Toutefois, une démarche de prévention efficace ne repose pas uniquement sur l’interdiction. Une approche exclusivement restrictive peut être difficile à appliquer et peu adaptée aux réalités de la vie collective en entreprise.

La prévention passe avant tout par la sensibilisation et le dialogue. Il est essentiel de définir un cadre clair, partagé par tous, permettant de rappeler les bonnes pratiques tout en préservant un climat de confiance.

Communiquer sur les risques, former les managers, sensibiliser les équipes et encourager une réflexion collective sur les usages contribuent à faire évoluer durablement les comportements.

Vers des événements professionnels plus responsables et inclusifs

Faire évoluer les pratiques ne signifie pas renoncer aux moments de convivialité. Au contraire, il s’agit de repenser leur organisation afin qu’ils correspondent davantage aux enjeux actuels de prévention et d’inclusion.

Plusieurs solutions peuvent être mises en place par les entreprises : proposer des boissons sans alcool attractives, varier les formats d’événements, mettre des éthylotests à disposition, organiser des activités ludiques qui ne reposent pas uniquement sur la consommation, prévoir une prise en charge du transport des équipes ou encore privilégier des horaires et des lieux adaptés.

Ces choix permettent de renforcer l’accessibilité des événements et de limiter les situations dans lesquelles certains collaborateurs pourraient se sentir exclus ou mis sous pression.

L’implication des équipes est également essentielle. : favoriser le dialogue permet de mieux comprendre les attentes des salariés et de construire des pratiques collectives cohérentes avec les valeurs de l’entreprise. Il est tout à fait possible, sur une journée de cohésion par exemple, de réaliser un sondage en interne afin d’avoir une meilleure visibilité concernant le type d’activités que les salariés pourraient trouver attractives.

Une culture d’entreprise responsable ne se définit pas par l’absence de convivialité, mais par sa capacité à créer du lien dans un cadre respectueux de la santé et de la sécurité de chacun.

Les afterworks, pots et événements internes peuvent continuer à jouer pleinement leur rôle dans la cohésion des équipes, à condition d’être pensés comme des moments de partage ouverts à tous. Trouver cet équilibre entre convivialité et prévention constitue aujourd’hui un véritable enjeu de qualité de vie et de responsabilité sociale et professionnelle.

Sommaire

Découvrez notre catalogue !

mockup catalogue 2025